JPMorgan a comptabilisé une charge de 2,2 milliards de dollars pour couvrir des pertes de crédit potentielles liées à Apple Card. La banque encaisse le choc dans ses comptes du quatrième trimestre 2025, alors qu’elle reprend l’activité jusque-là gérée par Goldman Sachs.
JPMorgan passe la carte, et paie l’addition
Le 14 janvier 2026, le bénéfice de JPMorgan pour le quatrième trimestre 2025 s’établissait à 13 milliards de dollars, en recul de 7 %. Plusieurs éléments ont pesé sur le résultat, dont une baisse inattendue des revenus de banque d’investissement. La charge liée à Apple Card a toutefois constitué le principal impact identifié sur le trimestre.
Les 2,2 milliards de dollars ne correspondent pas à des pertes déjà encaissées. Cette charge accompagne le financement de la reprise de l’activité et couvre des crédits que JPMorgan estime susceptibles de ne pas être remboursés. La banque pose donc une réserve avant de prendre pleinement le relais de Goldman Sachs.
Le chiffre qui claque n’est pas une perte réalisée, mais une réserve comptable inscrite d’un coup.
2,2 milliards de côté, pas jetés par la fenêtre

Une charge pour pertes de crédit anticipe un risque futur. Si les défauts sont moins nombreux que prévu, le coût final pourra être inférieur à la provision initiale. À l’inverse, un portefeuille de clients fragiles peut obliger la banque à renforcer ses réserves. Le montant indique donc l’exposition que JPMorgan accepte de porter, pas le bilan définitif de l’opération.
Cette distinction évite de transformer une provision en catastrophe déjà actée. Le montant ne prouve pas que JPMorgan reproduit exactement les difficultés rencontrées par Goldman Sachs. Il montre surtout que la banque reconnaît immédiatement une exposition financière importante. Ça pique au compte de résultat, mais les pertes futures restent à mesurer.
Le fantôme Goldman revient sur le relevé
Le programme faisait perdre de l’argent à Goldman Sachs depuis plusieurs années, ce qui a compliqué son partenariat avec Apple. Lors des négociations de sortie engagées en 2024, l’encours des soldes Apple Card était rapporté à 17 milliards de dollars. Le programme de carte associé à General Motors représentait alors 2 milliards de dollars supplémentaires pour Goldman Sachs.
Les informations disponibles à l’époque évoquaient aussi une clientèle avec des scores de crédit plus faibles et, par conséquent, davantage de défauts potentiels. Ces éléments donnent le contexte du risque repris par JPMorgan. La banque récupère un contrat commercial, mais aussi un historique de crédit et de recouvrement. Le jardin clos d’Apple ne fait pas disparaître les règles basiques du crédit à la consommation.
La reprise par JPMorgan a donc un coût financier concret dès le départ. Derrière l’interface bien huilée de Apple Cardon retrouve des modèles de risque, des impayés possibles et une réserve de plusieurs milliards. Pas très glamour, une carte bancaire quand on regarde les coulisses.
Un trimestre à 13 milliards, la banque tousse mais tient debout
Le recul de 7 % du bénéfice trimestriel ne suffit pas à décrire l’exercice 2025. Sur l’ensemble de l’année, JPMorgan a réalisé 182,4 milliards de dollars de revenus, en hausse de 3 %. Son bénéfice annuel a atteint 57 milliards de dollars, contre 58,5 milliards en 2024.
Les revenus de banque d’investissement ont également déçu au quatrième trimestre 2025, certaines opérations ayant mis plus de temps que prévu à se conclure. La charge Apple Card s’ajoute donc à ce ralentissement. Le trimestre combine un recul de 7 % du bénéfice et une provision exceptionnelle de 2,2 milliards, tandis que l’exercice complet reste bénéficiaire à hauteur de 57 milliards.
JPMorgan a terminé 2025 avec 57 milliards de dollars de bénéfice, malgré les 2,2 milliards liés à Apple Card.
La pomme est croquée, le risque reste bancaire
Cette affaire rappelle ce que l’interface Apple masque facilement : derrière une carte intégrée à un écosystème très contrôlé, il reste un portefeuille de prêts, des clients à évaluer et des défauts à provisionner. Le transfert de Goldman Sachs vers JPMorgan ne se joue ni dans le design de la carte ni dans une nouvelle fonction de l’application. Il se joue dans les modèles de risque et dans les milliards mis de côté.
Pour Apple, le dossier complique le récit d’une expérience financière parfaitement fluide. Pour JPMorgan, la reprise commence avec une charge de 60 centimes par action au quatrième trimestre. Pour les actionnaires, la question est désormais concrète : les 2,2 milliards suffiront-ils à absorber les pertes futures, ou faudra-t-il ressortir la calculette? Le jardin est fermé, mais la facture vient de passer sous la porte.
Sources et références scientifiques
- William Gallagher. JP Morgan took a profit hit to set aside money to run Apple Card. 2026.
- William Gallagher. JP Morgan took a profit hit to set aside money to run Apple Card – NewsBreak. 2026.






