Apple a bouclé 2025 à 271,86 dollars l’action, soit une capitalisation proche de 4 060 milliards de dollars. Le 2 janvier 2026, Raymond James a repris sa couverture sans fixer d’objectif de cours : selon ses projections, une bonne partie de la croissance est déjà dans le prix.
La Pomme croque 4 060 milliards, mais pas l’avenir
La situation financière d’Apple reste solide. La valeur d’entreprise du groupe, qui inclut la dette, atteindrait environ 4 120 milliards de dollars. Raymond James prévoit aussi un bénéfice par action de 8,19 dollars pour l’exercice 2026, puis de 9,13 dollars en 2027. Son scénario fait progresser le chiffre d’affaires de 450,8 milliards de dollars en 2026 à 480,4 milliards en 2027.
Le problème n’est donc pas la capacité d’Apple à gagner de l’argent. Il tient au prix déjà payé par les investisseurs. L’action s’échange autour de 31 fois les bénéfices attendus en 2027, un niveau supérieur à la moyenne récente du groupe. La banque n’a pas fixé d’objectif de cours, car le prix actuel reflète déjà une grande partie de ses prévisions.
Apple peut encore croître, mais elle doit désormais dépasser des attentes déjà très élevées.
Le PER prend la grosse tête
31 fois les bénéfices, ça pique
Un PER de 31 ne signifie pas qu’Apple va mal. Il indique que le marché accepte de payer 31 dollars pour chaque dollar de bénéfice attendu en 2027. Cette prime repose sur des marges élevées, des flux de trésorerie réguliers et une base installée estimée à 2,4 milliards d’appareils actifs.
Cette base apporte des renouvellements et des abonnements, mais elle rend aussi l’accélération plus difficile. Raymond James prévoit une hausse des ventes d’iPhone d’environ 3 % en 2026 et en 2027, après une progression estimée à 4 % en 2025. Avec environ 238 millions d’unités livrées en 2025, chaque point de croissance représente beaucoup de smartphones. Le pourcentage, lui, devient plus compliqué à maintenir.
Le chiffre d’affaires de l’iPhone atteindrait environ 217 milliards de dollars en 2025. Même avec les services, Apple reste donc très dépendante de ses cycles matériels. Le jardin clos est immense, mais il faut encore convaincre les anciens clients de changer d’appareil ou en attirer de nouveaux.
iPhone 17 : le cycle fait son numéro
Le cycle de renouvellement de l’iPhone 17 a soutenu l’action Apple en 2025. Les livraisons mondiales sont estimées à environ 238 millions d’unités sur l’année, soit 4 % de plus qu’en 2024. Ce volume confirme la puissance de la gamme, mais il ne suffit pas à prouver l’apparition d’une nouvelle catégorie de produit.
La mécanique reste connue : une génération relance l’intérêt, les possesseurs d’anciens modèles passent à l’achat, puis la progression se normalise. Les investisseurs surveillent donc le nombre d’unités, le prix moyen et la résistance des marges. Faire accepter des modèles plus chers devient aussi important que vendre davantage.
Pour 2026 et 2027, Raymond James table sur une croissance unitaire limitée à 3 %. L’iPhone 17 a relancé la machine, sans transformer le marché en autoroute sans péage. Le cycle fonctionne encore, mais il ne peut pas porter seul une valorisation de 4 060 milliards de dollars.
Services, la poule aux œufs d’or compte ses plumes
Les services devraient représenter environ 26 % du chiffre d’affaires d’Apple pour l’exercice 2025. Raymond James modélise une croissance annuelle d’environ 13 % de cette activité jusqu’en 2027. L’App Storeles abonnements et les services liés aux appareils apportent des revenus récurrents qui amortissent les variations des ventes de matériel.
Cette poule aux œufs d’or ne suffit pourtant pas à détacher Apple de l’iPhone. La note lie encore la performance globale du groupe aux cycles matériels. Une croissance rapide des services améliore la régularité des revenus, sans effacer la dépendance au produit qui pèse le plus lourd.
Cette nuance compte directement pour la valorisation Apple. À 4 060 milliards de dollars de capitalisation, Apple doit produire une progression visible pour justifier son cours. Un abonnement supplémentaire aide. Un nouveau cycle de remplacement aide davantage. Si la croissance ralentit pendant que les attentes restent hautes, ça grince sévère.
Tarifs, Chine et Inde : le jardin clos prend le vent
Raymond James identifie un risque lié aux droits de douane américains. La banque estime qu’ils pourraient réduire le chiffre d’affaires du trimestre de décembre d’environ 1,4 milliard de dollars, un risque qu’Apple a déjà reconnu. Ce montant ne bouleverserait pas les comptes du groupe, mais il devient plus visible quand le marché attend déjà beaucoup.
La chaîne de production ajoute une autre zone de tension. Apple augmente sa production en Inde, tandis que la Chine reste importante pour les volumes des lancements et les modèles haut de gamme. Déplacer une partie de l’assemblage demande du temps, des fournisseurs qualifiés et une organisation adaptée aux composants concernés.
Cette dépendance ne condamne pas Apple. Elle réduit sa liberté de manœuvre lorsque les droits de douane, la logistique ou les relations commerciales se tendent. Pour une entreprise valorisée au-dessus de 4 000 milliards de dollars, le moindre frottement compte, même avec une trésorerie capable d’absorber beaucoup.
La marge, pas la magie
Le point central de l’analyse tient en une phrase : la prochaine surperformance d’Apple dépendrait davantage de la résistance des marges que d’une nouvelle fonctionnalité spectaculaire. Une puce plus rapide, une fonction d’intelligence artificielle ou un appareil mieux équipé peuvent soutenir les ventes, à condition de préserver l’économie de chaque unité vendue.
Raymond James ne décrit pas une Apple en difficulté. La banque décrit une entreprise financièrement puissante, avec une croissance prévue mesurée face à un cours ambitieux. Le marché n’attend plus simplement qu’Apple vende beaucoup d’iPhonedéveloppe ses services et maintienne ses marges : il a déjà largement intégré ce scénario dans le prix.
À ce stade, l’enjeu est de mesurer ce qui n’est pas encore compté dans l’action. Un trimestre solide risque de passer pour le service minimum. Pour faire mieux que les prévisions, Apple devra donc défendre ses marges avant de chercher la prochaine pirouette produit.
Sources et références scientifiques
- Andrew Orr. Raymond James has restarted Apple coverage, and isn't impressed. 2026.
- Raymond James has restarted Apple coverage, and isn't impressed, AppleInsider Forums.
- Raymond James has restarted Apple coverage, and isn’t impressed. 2026.
- Andrew Orr. Raymond James has restarted Apple coverage, and isn't impressed – NewsBreak. 2026.





