Apple aurait intensifié la préparation de la succession de Tim Cook, avec un possible départ dès 2026. John Ternus apparaît comme le favori, mais Craig Federighi et Greg Joswiak restent étudiés et aucune nomination n’est actée.
Tim Cook dirige Apple depuis 2011, lorsqu’il a succédé à Steve Jobs quelques mois avant la mort du cofondateur. En novembre 2025il a fêté ses 65 ans. Sous sa direction, la capitalisation boursière du groupe est passée d’environ 350 milliards de dollars à 4 000 milliards de dollars.
À la mi-novembre 2025, Apple pèse donc environ 4 000 milliards de dollars, soit 3 400 milliards d’euros. Son action a progressé d’environ 12 % depuis janvier, tout en restant derrière Alphabet, Nvidia et Microsoft, dont les valorisations profitent davantage de l’engouement boursier pour l’intelligence artificielle. La relève se prépare dans une entreprise solide, mais moins à l’aise que ses rivales sur le terrain de l’IA.
Le Cook est-il déjà servi?
Le conseil d’administration et les dirigeants d’Apple auraient accéléré leurs travaux pour anticiper un éventuel départ de Tim Cook en 2026. Cette préparation ne serait pas liée aux performances actuelles du groupe. Elle répond plutôt à une question de gouvernance, alors que plusieurs dirigeants historiques approchent eux aussi de la retraite.
Le calendrier reste flou. Apple ne devrait probablement pas annoncer de nouveau directeur général avant la publication de ses résultats de fin janvier 2026, qui couvriront les ventes de la période des fêtes. Une annonce au début de l’année donnerait ensuite à la nouvelle équipe quelques mois pour prendre ses marques avant la WWDC de juin et le lancement de l’iPhone en septembre.
Tim Cook avait déjà déclaré en novembre 2023 qu’Apple disposait de « very detailed succession plans »soit de « plans de succession très détaillés ». La phrase confirme l’existence d’un dispositif préparé de longue date, sans donner de date ni de nom. Le jardin clos a donc un plan de sortie, même si ça négocie sévère en interne.
Le jardin clos change de jardinier
La succession s’inscrit dans une année de remaniement au sommet d’Apple. Luca Maestri a quitté ses fonctions de directeur financier au début de 2025. Jeff Williams, qui avait longtemps travaillé aux côtés de Tim Cook, a quitté son poste de directeur des opérations en juillet avant de partir définitivement en novembre. Sabih Khan lui a succédé à la direction des opérations.
Le départ de Jeff Williams réduit encore le nombre de dirigeants historiques autour de Tim Cook. Le prochain directeur général devra donc prendre ses fonctions avec une équipe déjà remaniée, tout en respectant le calendrier serré des lancements de l’iPhone et des mises à jour logicielles.
La différence d’âge donne aussi une indication sur la durée possible de la transition. La plupart des principaux dirigeants d’Apple ont désormais plus de 60 ans, alors que John Ternus en a 50. Cela ne garantit rien, mais son profil peut faciliter une transmission vers un nouveau cycle de direction. Apple ne cherche pas seulement un remplaçant pour Tim Cook, elle doit aussi préparer l’après-Cook.
Ternus, le hardware passe devant
John Ternus dirige l’ingénierie matérielle d’Apple en tant que senior vice-president of hardware engineering. À 50 ans, il est considéré comme le favori. Sa nomination remettrait un responsable du hardware au centre de la direction, alors qu’Apple peine à créer de nouvelles catégories de produits et à suivre ses rivales dans l’intelligence artificielle.
Le signal stratégique serait lisible : priorité à l’exécution, à la feuille de route matérielle et au contrôle des lancements. Ce choix répondrait aussi aux critiques sur l’IA et sur l’absence d’un nouveau relais de croissance comparable à l’iPhone. Chez Apple, une nomination peut peser presque autant qu’une keynote bien calibrée, surtout quand la prochaine génération de produits doit encore convaincre.
Federighi, la suite en mode logiciel
Craig Federighi constitue l’autre profil majeur étudié. Visage public des logiciels d’Apple, il possède une longue expérience des systèmes d’exploitation et des annonces destinées au grand public. Son arrivée donnerait probablement au groupe un directeur général plus présent lors des présentations de logiciels et des grandes mises à jour d’OS.
Ce scénario prolongerait la logique de l’écosystème fermé, où matériel, logiciel et services sont développés ensemble. Il poserait toutefois une question moins confortable : un spécialiste du logiciel serait-il le mieux placé pour remettre Apple au niveau de ses rivales dans l’IA? La réponse ne figure pas dans le calendrier de succession.
Joswiak, trente ans au compteur
Greg Joswiak, vice-président du marketing mondial, complète cette liste de trois profils. Il travaille chez Apple depuis environ 30 ans et est devenu l’un des visages de la communication autour des modèles Pro de l’iPhone.
Son avantage tient à une connaissance très large de la marque, de ses lancements et de sa culture commerciale. Face à Ternus et Federighi, il représente la continuité. Son point faible potentiel est symétrique : Apple pourrait privilégier un dirigeant directement associé à la fabrication des produits ou à leur architecture logicielle.
Janvier, WWDC, iPhone : le calendrier fait tic-tac
Les résultats attendus fin janvier 2026 constituent le premier rendez-vous crédible. Ils couvriront la période commerciale des fêtes, un moment important pour les ventes d’iPhone. Apple aurait donc peu intérêt à annoncer une transition avant cette publication, sauf changement de calendrier interne.
Une nomination au début de 2026 laisserait ensuite à la nouvelle direction le temps de s’installer avant la WWDC de juin. Le lancement de l’iPhone en septembre serait le second grand test, avec une gamme préparée en grande partie avant l’arrivée du nouveau patron.
La fenêtre la plus cohérente se situe entre les résultats de janvier et les annonces de juin. Rien ne garantit toutefois que le calendrier de gouvernance s’aligne parfaitement sur celui des produits. Apple peut encore décaler l’annonce, maintenir Tim Cook ou changer de favori.
Le prochain keynote aura un nom
Le choix du successeur indiquera la priorité du conseil. John Ternus ferait passer le hardware et l’exécution au premier plan. Craig Federighi prolongerait la force du logiciel et de l’expérience utilisateur. Greg Joswiak miserait sur la continuité commerciale et sa connaissance accumulée pendant trois décennies.
Le prochain directeur général héritera d’une entreprise passée d’environ 350 milliards de dollars de capitalisation en 2011 à 4 000 milliards en 2025. Il devra aussi répondre aux critiques sur l’IA et trouver une nouvelle croissance sans fragiliser le jardin clos. Pour l’instant, le seul produit Apple dont on connaît déjà le calendrier, c’est le suspense lui-même.
Sources et références scientifiques
- Malcolm Owen. Apple’s succession planning efforts step up to find Tim Cook’s replacement. 2025.
- Apple intensifies succession planning for CEO Tim Cook. 2025.






