Avec 3 072 Wh, une puissance continue de 3 600 W et une extension jusqu’à 11 kWh, l’EcoFlow DELTA 3 Ultra Plus vise les coupures de courant prolongées. À environ 34 kg et 2 899 dollars au tarif catalogue, cette station portable commence toutefois à ressembler à un petit appareil de déménagement.
Le DELTA joue les gros bras
La gamme DELTA 3 aligne déjà plusieurs variantes, des modèles classiques aux versions Plus, Max et Ultra. Cette nomenclature à rallonge donne l’impression qu’EcoFlow a découvert les suffixes et refuse désormais de s’arrêter. La version Ultra Plus occupe le haut de cette famille, sans rejoindre les modèles DELTA Proplus orientés vers les installations lourdes.
Le boîtier mesure environ 61,3 x 32,8 x 39,5 cm et pèse autour de 34 kg. Deux roues arrière et une poignée télescopique de type valise simplifient le déplacement sur un sol plat. Dans un escalier, le calcul est moins flatteur : il faut soulever la machine, pas simplement la tirer. Portable, oui. Facile à porter, non.
L’écran frontal affiche l’entrée, la sortie, les ports actifs et l’activité des ventilateurs. Il reste lisible en lumière indirecte, mais devient moins confortable face au soleil. Pour suivre la consommation dans un garage ou un atelier, on préférera donc l’application au petit écran intégré. Ça ne pèse pas 34 kg, au moins.
3 072 Wh, et la lumière fut
La batterie alimente quatre prises secteur de 120 V et 20 A, ainsi qu’une sortie de 120 V et 30 A. La connectique USB comprend un port USB-C de 140 W, deux ports USB-C partageant 45 W et un port USB-A de 18 W. Cette répartition permet de brancher un ordinateur, un routeur, des écrans, des chargeurs ou de petits appareils sans occuper toutes les prises secteur.
La puissance continue atteint 3 600 W, avec une pointe annoncée à 7 200 W. Cette réserve sert surtout aux démarrages exigeants d’un réfrigérateur ou d’un appareil équipé d’un compresseur ou d’une résistance. Elle ne transforme pas la station en alimentation universelle : la puissance de démarrage et la consommation stabilisée restent deux données différentes.
Le frigo garde son sang-froid
Les essais réalisés sur cette capacité donnent des résultats très variables selon la charge. Un réfrigérateur associé à un autocuiseur a fonctionné pendant environ cinq heures dans un scénario, tandis qu’un réfrigérateur placé dans un garage chaud a tenu près de deux jours dans un autre. Ces écarts viennent des cycles du compresseur, de la température et des appareils branchés. Une batterie de 3 072 Wh ne promet donc pas une durée unique.
Un protocole a mesuré environ 85 % d’efficacité avec l’onduleur de 3 600 W. La consommation au repos atteignait 22 à 24 W lorsque les deux circuits de l’onduleur étaient actifs. Désactiver la sortie 30 A lorsqu’elle ne sert pas réduit légèrement cette ponction. Sur une longue coupure, quelques dizaines de watts finissent par compter. La grosse capacité ne dispense pas de surveiller les pertes.
UPS, ça repart
Le mode UPS est annoncé avec un basculement en 10 ms. Lors d’un essai sur un poste de travail, une coupure simulée n’a pas provoqué de perte d’alimentation visible. La station a aussi accepté environ 1 800 W de recharge secteur tout en délivrant près de 3 000 W à ses sorties. Cette recharge pass-through permet de maintenir les équipements allumés pendant que la batterie se recharge.
Le fonctionnement repose sur deux circuits d’onduleur indépendants. En cas de surcharge, la sortie 30 A peut se couper avant les prises 120 V classiques, même si la surcharge vient de ces dernières. Ce comportement complique les installations qui utilisent un inverseur de source. Pour un usage domestique, mieux vaut répartir les appareils et tester la protection avant la panne, pas pendant.
Le 30 A fait sa diva
Cette sortie dédiée peut être utile à un camping-car ou à un appareil plus gourmand, mais elle ne doit pas être traitée comme une prise supplémentaire ordinaire. La puissance disponible dépend toujours de l’ensemble des appareils connectés et du circuit sollicité. Une surcharge mal répartie peut donc couper la sortie attendue en premier. Pas franchement le genre de surprise qu’on souhaite découvrir pendant une coupure.
X-Stream, mais pas en claquant des doigts
La recharge secteur atteint jusqu’à 1 800 W avec le réglage rapide situé à l’arrière. Le temps annoncé pour une recharge complète est inférieur à une heure et demie dans les conditions prévues, mais les essais varient selon le niveau de départ, la puissance sélectionnée et la phase finale de charge. À faible puissance, l’écran peut afficher un délai de plusieurs jours. Le bouton rapide n’est donc pas décoratif, mais il faut l’activer.
La recharge solaire est possible avec des panneaux vendus séparément. Un chargeur alternateur fait aussi partie des accessoires proposés. La station peut ainsi évoluer vers un usage plus autonome, au prix d’une facture qui s’éloigne vite de celle du bloc principal. La batterie n’est pas le seul élément à budgéter.
L’application EcoFlow permet de suivre les watts entrants et sortants, de régler la puissance de charge et de modifier certains paramètres à distance. La connexion Bluetooth suffit pour l’accès local, tandis que le Wi-Fi ouvre le suivi depuis l’extérieur. Cette dépendance au réseau concerne la surveillance et le pilotage à distance, pas le fonctionnement de base de la batterie.
Le jardin clos s’agrandit
L’extension constitue l’évolution la plus concrète par rapport à la DELTA 3 Ultra. Des batteries additionnelles permettent de passer d’environ 3 kWh à 11 kWh. Le principe répond à un besoin précis : commencer avec le bloc principal, puis augmenter la réserve lorsque les coupures ou les équipements justifient la dépense.
La contrepartie est un écosystème propriétaire. Les batteries, les panneaux, le chargeur alternateur et les autres accessoires doivent être compatibles avec la station. Le jardin clos a bien une porte, mais elle ne s’ouvre pas avec n’importe quelle clé. Cette modularité limite le gaspillage lors d’une extension, tout en renforçant la dépendance à EcoFlow.
Le portefeuille prend 34 kg
En octobre 2025, le bloc principal était affiché à 2 899 dollars, sans les panneaux ni les accessoires. Ce tarif concerne le marché américain et ne permet pas de déduire directement un prix français. À ce niveau, la capacité, la puissance et l’UPS forment un ensemble cohérent pour un logement exposé aux coupures, mais la station reste une dépense à planifier.
Le poids limite son intérêt pour le camping régulier. Les roues fonctionnent dans un garage, un atelier ou un camping-car, mais déplacer 34 kg à chaque week-end annule une bonne partie de la promesse de portabilité. Un modèle plus petit conviendra mieux à un ordinateur et quelques appareils. La DELTA 3 Ultra Plus prend davantage de sens pour un bureau à domicile, un réfrigérateur ou une réserve de plusieurs heures.
Le choix est donc très terre à terre : une grosse réserve sur roues pour les coupures, ou une batterie plus légère pour recharger des appareils. Pour le premier usage, cette EcoFlow envoie du lourd. Pour le second, elle risque surtout de transformer une panne de courant en séance de musculation hors de prix.
Sources et références scientifiques
- EcoFlow Delta 3 Ultra Plus review: Specs, features, price.
- EcoFlow DELTA 3 Ultra Plus Review: The Ultimate DELTA?.
- Cory Gunther. EcoFlow Delta 3 Ultra Plus Review: On-Demand Power For All Your Devices. 2025.
- Marc Mansson. EF ECOFLOW DELTA 3 Ultra Plus Review: Honest Verdict. 2026.






