Apple n’a toujours pas officialisé son premier iPhone pliable. Les projections publiées en 2025 décrivent un appareil à deux écrans, dont une dalle intérieure de 7,8 pouces, avec une sortie située entre la fin de 2026 et 2027. La pomme garde encore le pli.
Le nom iPhone Fold n’est d’ailleurs pas officiel. Il désigne le futur modèle dans les rumeurs, alors qu’Apple n’a encore confirmé ni son existence commerciale ni son calendrier. Les brevets et demandes de brevet déposés par la marque montrent toutefois qu’elle étudie depuis plusieurs années des appareils à écran pliable.
Samsung a déjà commercialisé ses Galaxy Z Fold et Galaxy Z Flip. Apple arrive donc après un concurrent qui maîtrise déjà ce format, avec une stratégie connue : attendre que les compromis techniques deviennent acceptables avant de lancer sa propre version.
Les calendriers annoncés depuis 2020 ont déjà glissé vers 2022, 2024, 2025, puis 2026 et 2027. En 2025, les projections les plus fréquentes plaçaient le lancement à la fin de 2026 ou en 2027. Le scénario le plus solide reste donc une fenêtre, pas une date de keynote.
Le calendrier fait du pli
Les estimations ne s’accordent pas davantage sur la fabrication. Une hypothèse évoque un début de production de masse à l’été 2026, tandis qu’une autre table sur un lancement au second semestre de la même année après une fabrication commencée fin 2025. Une autre projection, plus prudente, situe la production en série au quatrième trimestre 2026 et la commercialisation à la fin de 2026 ou au début de 2027.
Les volumes attendus donnent une idée du risque industriel. Une prévision évoque entre 3 et 5 millions d’exemplaires expédiés en 2026. Une autre porte à 20 millions le cumul de la première génération et d’une seconde génération supposée en 2027. Ces chiffres resteraient très inférieurs à ceux d’un iPhone classique : le pliable commencerait donc comme une catégorie à faible volume.
Deux écrans et un pli au carré
Le format attendu reprendrait le principe d’un téléphone qui s’ouvre comme un livre. Fermé, il disposerait d’un écran extérieur d’environ 5,49 à 5,5 pouces, avec une définition de 2 088 x 1 422 pixels et une densité proche de 460 pixels par pouce. Cette dalle permettrait de l’utiliser comme un smartphone classique sans devoir l’ouvrir pour chaque action.
La dalle intérieure atteindrait environ 7,74 à 7,8 pouces. Les chiffres les plus souvent cités sont une définition de 2 713 x 1 920 pixels et une densité de 428 pixels par pouce. Une estimation évoquant deux écrans de 6,1 pouces additionnés dépasserait 12 pouces, mais cette comparaison additionne des diagonales qui ne fonctionnent pas ainsi. La surface attendue se situe plutôt autour de 7,5 à 7,8 pouces.
Le format 4:3 rapprocherait l’écran ouvert de celui d’un ancien iPadavec une diagonale voisine de celle d’un iPad mini. C’est cohérent avec un usage plus large pour les applications et les jeux, mais cela ne garantit pas que les interfaces seront bien adaptées. Un grand écran avec une application simplement étirée, ce serait quand même une drôle de façon de vendre de la surface.
La caméra frontale intérieure pourrait passer sous l’écran, tandis que la dalle extérieure conserverait un poinçon visible. Ces éléments restent au stade des projections, tout comme le reste de la fiche technique. Le format de l’écran se précise, mais le produit complet reste loin d’une fiche validée.
Le pli, cette charnière de la discorde
La résistance du mécanisme et la visibilité du pli central sont les deux points les plus sensibles d’un téléphone pliable. Une rumeur de 2025 évoque une charnière en Liquidmetal qui serait deux fois plus résistante que le titane. Cette comparaison n’a pas été vérifiée sur un produit commercial, et elle ne permet pas de prédire la durée de vie de l’écran.
Les brevets Apple explorent plusieurs approches pour accompagner le mouvement de la dalle et limiter les contraintes lors des ouvertures répétées. Un brevet reste toutefois une piste technique, pas la preuve qu’Apple retiendra le mécanisme ou le matériau correspondant. Le cimetière des idées de Cupertino est déjà bien rempli.
Le fournisseur de l’écran ferait lui aussi l’objet de projections contradictoires. LG Display a été cité dans de premières hypothèses, avant que Samsung Display ne soit présenté en 2025 comme le partenaire privilégié, voire exclusif. Le choix serait logique au regard de l’expérience de Samsung dans les appareils pliables, mais Apple n’a pas officialisé ce partenariat.
Le jardin clos doit changer d’échelle
Le principal argument du iPhone Fold serait la surface disponible une fois ouvert. Les applications et les jeux gagneraient de l’espace, à condition que leurs interfaces exploitent réellement ce format 4:3. Apple devrait donc convaincre les développeurs d’adapter leurs créations à une nouvelle taille d’écran, avec le risque d’un lancement accompagné de mises à jour inégales.
Le défi résume bien la stratégie du produit. Apple ne peut pas se contenter d’ajouter une charnière à un iPhone existant : il lui faut une dalle qui résiste aux cycles de pliage, une interface qui utilise l’écran intérieur et une production assez régulière pour éviter les retards. Samsung a pris de l’avance sur le matériel. Apple devra justifier son attente par une expérience plus cohérente, pas par une nouvelle pluie de promesses.
Apple a déjà laissé passer plusieurs dates annoncées pour ce projet. Pour l’instant, le pli le plus visible reste celui du calendrier.
Sources et références scientifiques
- Marko Zivkovic. iPhone Fold: All the rumors about Apple‘s first foldable, and what it might look like. 2025.
- Marko Zivkovic. iPhone fold: All the rumors about Apple’s first foldable, and when it might launch. 2025.






