OpenAI et Jony Ive ont déjà un prototype matériel et un design retenu. La commercialisation pourrait arriver avant novembre 2027mais le projet doit encore prouver qu’un objet dédié fait mieux qu’un smartphone.
Le brouillard se dissipe, façon keynote
Lors d’une conversation publique organisée par Laurene Powell Jobs au Emerson Collective Demo Day le 24 novembre 2025, Sam Altman et Jony Ive ont confirmé que le premier appareil d’OpenAI n’était plus une idée griffonnée sur un tableau blanc. Le prototype existe, le design a atteint une forme retenue et le travail de prototypage continue.
Le projet passe par iola startup fondée autour de Jony Ive et rachetée par OpenAI en 2025 pour 6,5 milliards de dollars en actions. Ce montant mesure l’engagement financier d’OpenAI, pas le prix futur de l’appareil. L’entreprise n’a toujours pas dévoilé de nom commercial, de tarif ou de date ferme de lancement.
Sam Altman a décrit le design actuel comme « simple and beautiful and playful »soit « simple, beau et ludique ». La formule est très Ive, presque tellement Ive qu’on s’attend à voir apparaître une table blanche et une lumière parfaitement calibrée. Altman a aussi expliqué qu’un prototype précédent l’enthousiasmait sans lui donner envie de le prendre immédiatement en main.
Le projet a franchi le cap du concept, mais pas celui du produit prêt à acheter.
Jony Ive remet une pièce dans la machine
Le projet n’est pas un retour de Jony Ive chez Apple. L’ancien responsable du design de la marque travaille désormais avec OpenAI sur une interface matérielle conçue autour de l’intelligence artificielle. Il défend un objet peu intimidant, tactile et assez discret pour s’utiliser presque sans y penser.
Cette approche ne règle pas le problème principal. Un appareil grand public doit répondre vite, comprendre correctement les demandes et rester utilisable dans un environnement bruyant. Il doit aussi justifier sa présence face au smartphone. Le joli boîtier ne fera pas tout le travail. Sinon, le marché serait rempli de grille-pain en aluminium brossé.
OpenAI a renforcé l’équipe avec des profils issus du hardware d’Apple. Le projet est dirigé par Tang Tan, responsable du matériel chez OpenAI après 25 ans passés chez Apple. Il a travaillé avec John Ternus et Jony Ive, une expérience directement liée à la conception industrielle, à la production et au lancement de produits à grande échelle.
Ça négocie sévère en interne chez OpenAI : il faut transformer une expertise logicielle en objet fiable, manufacturable et compréhensible en trois secondes dans une boutique.
Un iPhone sans écran, ou le retour du bâton?
La piste d’un appareil proche du smartphone, mais sans écran, circule autour du projet. OpenAI et Jony Ive n’ont pas confirmé ce format dans le détail. L’objet pourrait donc prendre une autre forme, et aucune information solide ne permet encore de trancher entre un appareil porté sur soi, un produit posé sur un bureau ou une interface principalement vocale.
L’absence d’écran pourrait réduire la distraction et simplifier l’interaction. Elle pourrait aussi rendre chaque erreur beaucoup plus pénible. Sur un iPhoneune réponse fausse se corrige avec une lecture, un bouton ou une recherche. Sur un appareil qui repose surtout sur la voix ou une réponse générée, il faudrait parfois se farcir une conversation entière pour obtenir une information simple.
Le précédent du Humane AI Pin rappelle que le format ne suffit pas. Un objet d’intelligence artificielle doit apporter une interaction plus rapide, plus fiable ou plus pratique que celle d’un téléphone déjà dans la poche. Sinon, on paie un deuxième appareil pour faire moins de choses que le premier. Sympa, le concept.
Le jardin clos face à la boîte noire
La comparaison avec Apple s’impose, puisque plusieurs spécialistes de son hardware ont rejoint le projet. OpenAI apporte son expertise en intelligence artificielle, mais doit encore construire la relation quotidienne entre l’appareil, les usages et les services qui l’accompagnent. Le jardin clos d’Apple ne se copie pas en ajoutant simplement un assistant dans un boîtier.
Le duel pourrait aussi se jouer entre traitement local et calcul distant. Un appareil qui envoie chaque requête vers le cloud dépend de la connexion, de la latence et du coût des serveurs. Un appareil capable d’effectuer une partie des tâches en local doit embarquer une puce assez efficace sans vider sa batterie. On retrouve le vieux problème de l’autonomie réelle contre l’autonomie annoncée, sauf qu’OpenAI n’a encore communiqué aucun chiffre.
La comparaison la plus directe concernera probablement Siri. OpenAI devra montrer que son intelligence artificielle justifie un appareil distinct et qu’elle répond mieux aux demandes courantes. Une bonne IA dans un mauvais objet, c’est une balle tirée dans le pied avec beaucoup de communication autour.
Le rachat d’io pour 6,5 milliards de dollars en actions ajoute une pression économique. OpenAI devra convaincre les clients, financer la production et organiser le support sans limiter le produit à une démonstration coûteuse. Un lancement trop rapide pourrait foirer en beauté le passage du prototype à la vraie vie.
2027, le futur en précommande mentale
La fenêtre annoncée par Jony Ive est claire dans sa formulation, moins dans sa portée : « moins de deux ans » ne signifie ni sortie garantie ni disponibilité mondiale. Entre un prototype qui fonctionne et un appareil commercial, OpenAI doit encore transformer l’idée en produit fabriqué à grande échelle.
Le fait le plus solide reste l’existence du prototype. Le design a été retenu, et Jony Ive a évoqué une commercialisation avant novembre 2027. En revanche, l’écran absent, le format, le prix et les performances restent inconnus.
Le fan absolu de la rédac peut donc attendre avant de sortir la carte bleue. Si OpenAI crée un objet qui fait gagner du temps sans imposer une nouvelle corvée vocale, Apple devra regarder de près ce qui se passe. Sinon, ce sera un très beau prototype de plus à poser sur une étagère.
Sources et références scientifiques
- Malcolm Owen. LoveFrom has a prototype for the first piece of OpenAI Hardware. 2025.






