Le 27 janvier 2026Asahi Linux a démarré sur un Mac équipé d’une puce M3 avec Fedora 43 Asahi Remix et KDE Plasma. Le GPU reste toutefois sans accélération matérielle, ce qui limite encore fortement l’usage quotidien.
M3, mon beau M3, dis-moi qui boote
En apparence, le Mac Apple Silicon reste un jardin clos réservé à macOS. Depuis 2021, le projet Asahi Linux travaille pourtant à rendre le noyau Linux compatible avec les puces Apple. Le système est déjà utilisable, avec des réserves, sur les Mac équipés de puces M1 et M2, jusqu’au premier Mac Studio.
Le 27 janvier 2026, une configuration équipée d’une puce M3 a fait tourner Fedora 43 Asahi Remix avec l’environnement graphique KDE Plasma. D’autres essais ont également signalé un démarrage sur des machines dotées de puces M3 Pro et M3 Max. Cela ne transforme pas encore ces Mac en PC Linux prêts à l’emploi.
Le démarrage est donc établi sur une configuration M3, mais l’usage quotidien reste à construire. Le M3 laisse entrer Linux, mais il lui demande encore de voyager léger.
Fedora fait son show, mais le GPU sèche

Sur la configuration documentée, seules quelques fonctions matérielles sont rapportées comme opérationnelles:
- le SSD interne;
- l’écran intégré;
- le clavier;
- le trackpad.
Le morceau qui manque s’appelle GPU. Les développeurs utilisent LLVMpipeun rendu graphique logiciel qui fait travailler le processeur à la place de la puce graphique. Le bureau peut donc s’afficher, mais l’accélération matérielle n’est pas disponible. Pour une interface légère, ça démarre. Pour les logiciels qui dépendent du GPU, ça cale.
Doom peut tout de même fonctionner sous Linux sur un M3. Ce résultat reste difficile à généraliser: le jeu tourne sur du matériel très limité et ne prouve pas que le portage est prêt pour une bibliothèque Steam complète.
Le jardin clos prend un coup de tournevis
Le portage sur M3 montre pourquoi Linux arrive plus lentement sur les générations récentes d’Apple Silicon. Le M3 conserve une architecture proche de celle des M1 et M2, mais plusieurs contrôleurs ont évolué. Le contrôleur d’entrée et le contrôleur de stockage NVMe changent sur certains points, tandis que le contrôleur PD passe d’I2C à SPMI.
Chaque modification impose de comprendre, d’écrire puis de stabiliser un pilote. Un clavier qui répond et un écran qui s’allume ne suffisent pas à obtenir une machine Linux cohérente. Il faut encore gérer les composants qui se trouvent derrière ces fonctions visibles.
Le GPU concentre une difficulté supplémentaire: il faut faire fonctionner l’accélération graphique sur une architecture Apple Silicon spécifique. Le verrou n’est pas le démarrage de Linux, c’est la vie après le démarrage.
M4 et M5, le flambeau devient un bâton
Des contributeurs travaillent déjà sur le M4. Un démarrage basique d’Alpine Linux a été signalé sur cette puce, ce qui montre que le noyau peut commencer à prendre vie. Cela ne signifie pas qu’un bureau complet, une gestion graphique et une compatibilité matérielle fiable sont disponibles.
Les puces M4 et M5 ajoutent aussi des changements et des restrictions qui rendent le développement plus difficile que sur M1 et M2. Le passage de génération ne ressemble donc pas à un simple copier-coller de pilotes. Le flambeau change de main, puis la piste technique bouge avec lui. Sympa pour les ingénieurs, beaucoup moins pour ceux qui espéraient installer Linux en deux clics.
Le M3 constitue déjà un chantier important à cause de son GPU. Les générations suivantes ne garantissent pas une prise en charge plus simple, même lorsque le système parvient à démarrer. Boote ne signifie pas prêt.
Le pingouin reste au pied de la Pomme
Pour l’heure, l’intérêt d’Asahi Linux sur M3 tient davantage à la preuve technique qu’à l’usage quotidien. Le projet montre qu’un Mac Apple Silicon peut accueillir un autre système malgré les changements de contrôleurs et les restrictions matérielles. Il donne aussi une base de travail aux utilisateurs qui veulent expérimenter ou développer sur l’architecture Apple sans rester enfermés dans macOS.
Pour un utilisateur moyen, le calcul est moins romantique. Une installation complexe, l’absence d’accélération GPU et une stabilité encore incertaine écartent le Mac M3 d’un remplacement confortable de son système d’origine.
Le projet avance, les machines répondent et le bureau s’affiche. Reste maintenant à faire travailler le GPU. Sans lui, Linux est bien entré dans le Mac M3, mais il attend encore la vraie clé de la maison.
Sources et références scientifiques
- Marko Zivkovic. It’s not usable yet, but Asahi Linux runs on M3 Macs now. 2026.






