En décembre 2025, Craig Federighi aurait pris la tête des équipes d’IA d’Apple, alors que Siri accuse du retard. Le recours envisagé à Gemini et au cloud de Google accélérerait le calendrier, mais fragiliserait la promesse du jardin clos.
Federighi prend le clavier, Siri perd du temps
Craig Federighi, responsable des logiciels d’Apple, superviserait désormais les équipes consacrées à l’intelligence artificielle, y compris celles qui développent les modèles maison. Apple l’aurait placé dans cette position en décembre 2025, après avoir constaté que ses efforts en IA progressaient trop lentement.
Un échange interne aurait même donné lieu à des critiques sur le rythme de l’équipe chargée des modèles. Le retard de la version plus conversationnelle de Siri a ensuite rendu le problème difficile à masquer. La firme veut avancer, et vite, alors que ses concurrents ajoutent des fonctions génératives à leurs assistants.
Federighi aurait aussi défendu l’emploi d’un modèle externe, jugeant les modèles d’Apple moins performants que ceux de Google. Apple préfère donc une IA disponible en 2026 à une IA maison parfaite en 2028.
Siri veut parler, mais le calendrier tousse

La prochaine version de Siri vise 2026. Elle doit comprendre des demandes complexes, conserver le contexte d’une conversation et enchaîner plusieurs actions. Ces fonctions étaient attendues plus tôt, mais leur mise au point a pris du retard.
Le recours à Gemini donnerait à Apple un raccourci technique. Au lieu de faire reposer chaque fonction sur ses modèles maison, Apple pourrait utiliser la technologie de Google pour accélérer certaines capacités de l’assistant. Le prestige du modèle propriétaire attendra.
Apple garderait toutefois l’interface, l’intégration au système et la relation avec l’utilisateur. Le moteur viendrait en partie de Google, tandis que Cupertino conserverait la porte d’entrée de son écosystème. Le jardin clos ne disparaîtrait pas, il embaucherait simplement un prestataire avec un badge temporaire.
Ce compromis répond à un problème très concret. Une Siri alimentée par une technologie tierce peut progresser rapidement, mais elle rend plus difficile le discours sur la maîtrise complète de la chaîne. Pour l’utilisateur, une réponse correcte en 2026 vaut mieux qu’une promesse parfaitement maison qui arrive en 2028.
Gemini passe la porte du jardin clos
Apple présente son approche de la confidentialité autour de deux modes de traitement : l’appareil lui-même et des serveurs sécurisés contrôlés par Apple. Cette architecture doit limiter l’exposition des requêtes, contrairement aux services qui envoient systématiquement les demandes vers des centres de données externes.
Le scénario envisagé avec Gemini élargirait ce périmètre. Apple discuterait avec Google de l’utilisation de son infrastructure cloud, où des puces d’intelligence artificielle pourraient exécuter certaines fonctions de Siri. Le déploiement de l’infrastructure maison serait aussi ralenti par les difficultés d’approvisionnement en composants spécialisés.
Le vrai sujet n’est donc pas le nom de Geminimais le chemin suivi par chaque requête. Si les serveurs de Google entraient dans la boucle, Apple devrait expliquer ce qui resterait dans son périmètre et ce qui serait confié à son partenaire. Sinon, le discours sur la vie privée risque de sonner creux, même auprès du fan absolu de la marque.
Private Cloud Compute prend la pluie
L’hypothèse d’un recours au cloud Google met Apple face à deux objectifs difficiles à concilier. La firme veut proposer des fonctions d’IA plus avancées en 2026, tout en conservant une architecture fondée sur le traitement local ou sur ses propres serveurs sécurisés, notamment avec Private Cloud Compute.
Pour que ce montage reste crédible, Apple devrait préciser quelles données sont envoyées, combien de temps elles sont conservées, quels journaux sont créés et quelle entreprise assume chaque étape. Sans ces informations, on ne sait pas si Google fournirait uniquement de la puissance de calcul ou s’il participerait à une partie plus large du traitement.
Le choix aurait aussi une conséquence financière. Construire des serveurs spécialisés et recruter des ingénieurs capables de développer des modèles compétitifs coûte cher. Louer une capacité déjà disponible permettrait d’aller plus vite, mais créerait une dépendance stratégique à Google. Le jardin clos garderait ses murs tout en louant la machinerie d’à côté.
Le pin 2027 a Siri au bout du fil
La pression ne vient pas uniquement de Siri. Apple travaillerait aussi sur un pin connecté attendu en 2027, un appareil qui dépendrait fortement des progrès de l’assistant. Sans compréhension conversationnelle fiable, ce produit risquerait de devenir un accessoire coûteux répétant « Je n’ai pas compris » à longueur de journée.
Le calendrier laisse peu de marge. Apple devrait améliorer Siri en 2026, tester l’intégration avec Geminiclarifier son architecture cloud et préparer le matériel prévu pour 2027. Ces chantiers avancent ensemble, ou le pin risque de tirer une balle dans le pied de toute la stratégie IA.
Le recrutement ajoute une contrainte. Federighi serait réticent à proposer aux meilleurs spécialistes de l’IA des rémunérations supérieures à la sienne. Sa réputation de gestionnaire économe ne facilite pas non plus l’effort : même les dépenses courantes de ses équipes seraient surveillées de près. Pour attirer les profils capables de bâtir des modèles compétitifs, Apple devra pourtant accepter une facture qui ne ressemble pas à celle d’un simple abonnement logiciel.
Apple doit maintenant choisir entre deux accélérations imparfaites : s’appuyer sur une technologie extérieure ou poursuivre ses modèles maison au risque de laisser Siri décrocher. En 2026, le test ne portera plus sur la capacité de la marque à parler d’IA, mais sur sa faculté à la livrer à temps. Le jardin clos peut-il produire assez vite, ou Google va-t-il finir par tenir l’arrosoir?
Sources et références scientifiques
- Oliver Haslam. Apple Intelligence will see sweeping changes as Craig Federighi takes control. 2026.






