Le 16 janvier 2026Airbnb a décrit Ahmad Al-Dahle comme l’ancien responsable du groupe de technologies autonomes d’Apple. La voiture n’a jamais été commercialisée, mais cette présentation interne confirme que le programme a dépassé le stade des brevets et des rumeurs.
Airbnb met enfin la voiture au courant
Dans un courriel interne consacré à l’arrivée d’Ahmad Al-Dahle, Airbnb écrit : « In 2014, Ahmad created and led Apple’s autonomous technology group, responsible for developing the core AI systems for the company’s self-driving car project. » En clair, Al-Dahle dirigeait le groupe chargé des systèmes d’intelligence artificielle centraux du projet automobile autonome.
La formulation ne décrit donc pas un simple brevet lié à l’automobile. Elle place un responsable identifié au cœur de l’architecture logicielle du programme. Airbnb indique aussi qu’Al-Dahle a passé près de 17 ans chez Appleau sein du Special Projects Group et de l’Imaging & Sensing Technology Group.
Son parcours comprend le travail sur l’iPhonedeux ans avant le lancement du premier modèle, puis sur la première Apple Watch. La bio devait vendre un recrutement de haut niveau. Elle a surtout lâché une phrase très précise sur l’Apple Car. Ça fait désordre dans le jardin clos.
De 2017 à 2024, le permis de conduire cale

Les premiers indices publics d’un projet automobile Apple remontent à 2012. Les brevets déposés au fil des ans concernaient notamment la carrosserie, la suspension, la signalisation et la conduite assistée. Pris séparément, ces documents ne suffisaient pas à établir l’existence d’un véhicule complet.
Les permis de test ont fourni un indice plus concret. Apple a obtenu ses premières autorisations pour faire circuler des véhicules autonomes en 2017. En mai 2024, l’entreprise disposait de permis associés à plus de 200 conducteurs. En octobre de la même année, elle a demandé l’annulation de l’ensemble de ces autorisations.
La chronologie est difficile à tordre : essais réels en 2017, flotte de test importante en 2024, puis retrait des permis. L’Apple Car n’a jamais atteint la route commerciale, mais il a bien roulé sur une route de test.
Un milliard de dollars finit au garage
Les estimations publiques placent les dépenses du programme au-delà du milliard de dollars. Apple n’a pas publié de bilan détaillé, ce qui interdit d’en faire une facture officielle. L’ordre de grandeur reste parlant : une voiture autonome exige des capteurs, des processeurs, des logiciels de perception et une flotte capable d’accumuler des kilomètres.
Le programme n’a débouché sur aucun produit commercial. Il n’y a eu ni prix de lancement, ni autonomie annoncée, ni date de commercialisation, ni modèle final à comparer avec une Tesla ou une Mercedes. Apple a donc financé des années de recherche avant d’arrêter le produit. Ça fait cher le garage, même pour Cupertino.
La difficulté technique explique une partie de cette issue. Une voiture autonome doit interpréter en continu son environnement, fusionner les données de plusieurs capteurs et prendre des décisions en quelques millisecondes. Une mise à jour qui rame ou une caméra qui identifie trop tard un panneau stop ne provoque pas seulement un bug d’interface : elle peut créer un problème de sécurité physique.
CarPlay passe la seconde, l’Apple Car reste au point mort
Les travaux du programme pouvaient alimenter des recherches réutilisables ailleurs : fusion de capteurs, réduction de la latence, traitement local et processeurs capables d’absorber de gros volumes de données. Ces contraintes correspondent à certaines priorités d’Apple dans l’intelligence artificielle embarquée et les interfaces automobiles.
Le rapprochement avec CarPlay Ultra est donc logique, mais il ne permet pas d’attribuer chaque fonction au projet automobile. Une interface qui s’étend aux écrans et aux commandes d’un véhicule doit recevoir des données en temps réel et dialoguer avec les systèmes du constructeur. Dire que chaque brique vient de l’Apple Carce serait du flan.
Le même raisonnement vaut pour Apple Intelligence. La conduite autonome impose une perception instantanée, des modèles entraînés sur une grande variété de situations et un traitement local qui limite la dépendance au réseau. Apple n’a publié aucune liste des technologies transférées du programme vers ses appareils et ses logiciels. La filiation technique reste plausible, pas démontrée ligne par ligne.
La voiture a disparu du catalogue, mais certaines méthodes de recherche peuvent encore circuler dans l’écosystème Apple.
Le jardin clos perd une roue, pas ses secrets
Apple a maintenu le secret pendant plus d’une décennie malgré les brevets, les permis et les centaines de conducteurs autorisés à tester ses véhicules. Le jardin clos n’était pas hermétique : il était assez vaste pour dissimuler les détails pendant longtemps.
La révélation vient d’une entreprise qui présentait son nouveau directeur technique. Airbnb a rappelé une mission qu’Apple n’avait jamais commentée. Un ancien employé change d’employeur, une phrase apparaît dans une biographie et le projet sort du garage par la petite porte.
Cette histoire montre aussi la limite du secret absolu. Il peut protéger une annonce et éviter de figer un calendrier, mais il ne fait disparaître ni les brevets, ni les essais réglementés, ni les parcours professionnels. À force de tout verrouiller, Apple laisse parfois d’autres entreprises raconter son histoire à sa place.
L’Apple Car reste donc une voiture sans prix, sans autonomie officielle et sans date de sortie, mais avec des permis de test, un ancien responsable identifié et plus d’un milliard de dollars de recherche derrière elle. Le véhicule n’a pas pris la route commerciale. Les idées, elles, ont peut-être changé de voie.
Sources et références scientifiques
- William Gallagher. In case you ever doubted it, Apple Car was real, reveals Airbnb. 2026.






