AppHub, un lanceur vendu 4,99 dollars, voulait retrouver la grille de Launchpad supprimée de macOS 26 Tahoe. Le Mac App Store l’a refusé pour sa ressemblance avec un logiciel Apple, puis Setapp l’a écarté parce qu’il n’entrait pas dans sa priorité AI+.
Launchpad prend la porte, AppHub cherche la sortie
Le 25 janvier 2026le cas d’AppHub a mis en lumière deux filtres bien différents dans l’écosystème Mac. Apple a supprimé Launchpad de macOS 26 Tahoecette vue qui affichait les applications sous forme de grille, pour la remplacer par une fenêtre de recherche inspirée de Spotlight. La recherche est plus directe, mais elle ne reproduit pas la navigation par pages à laquelle certains utilisateurs étaient habitués.
AppHub reprend précisément cette logique. L’application répartit les icônes sur plusieurs pages, prend en charge les gestes du trackpad et propose un mode plein écran ainsi qu’un affichage compact. Son objectif est limité et lisible : retrouver le comportement de l’ancien Launchpad sans ajouter une couche d’intelligence artificielle à un outil qui ouvre simplement des applications.
Le développeur Bohdan a découvert que le Mac App Store refusait son application. Le motif invoqué repose sur une règle qui interdit de reproduire l’apparence ou le fonctionnement des logiciels Apple, avec Launchpad dans le périmètre. Le détail qui coince est assez savoureux : la fonction copiée n’existe plus dans la version actuelle de macOS.
Après ce refus, Bohdan a vendu AppHub sur Gumroad au prix de 4,99 dollars. Apple a retiré le meuble, mais la règle continue d’en contrôler la silhouette.
Setapp fait son tri, l’IA prend le ticket
La vente directe ne constituant pas la seule option, le développeur a ensuite contacté Setapple service d’abonnement de MacPaw qui réunit des applications Mac dans un même catalogue. La logique se tient : quand la boutique Apple refuse une application, un distributeur spécialisé peut offrir une autre route vers les utilisateurs.
MacPaw a évalué AppHub comme un outil de productivité, mais n’a pas retenu sa candidature. Dans sa réponse, l’entreprise explique que sa priorité du moment est d’élargir la collection AI+ de Setapp. Comme le lanceur ne comporte aucune fonction d’IA, il ne correspondait pas à cette orientation.
La réponse ne constitue pas un refus définitif. MacPaw indique que l’application pourrait être réexaminée si la politique du catalogue évolue. La nuance compte : Setapp ne bannit pas toutes les applications sans IA, mais son choix actuel crée une incitation très concrète à en ajouter une, même quand elle ne règle aucun problème d’usage.
Le badge IA passe devant la caisse

Le cas AppHub s’inscrit dans une pression plus large. Une enquête menée auprès de développeurs Mac en décembre 2024 indiquait que 40 % d’entre eux considéraient l’IA comme la technologie ayant eu le plus d’impact sur leurs applications, contre 31 % dans l’édition 2023. La même enquête indiquait que 60 % travaillaient sur des fonctions d’IA ou en avaient déjà intégré, contre près de 50 % un an plus tôt.
Ces chiffres décrivent une évolution technique, mais aussi un réflexe commercial. Le mot IA peut donner à une application une apparence de nouveauté ou d’avance, même lorsque la fonction ajoutée ne change rien à son usage principal. Le risque est alors de greffer une génération de texte, une recherche sémantique ou un assistant miniature à un produit qui n’en a pas besoin.
Le décalage est particulièrement visible avec AppHub. On lance l’application, on parcourt une grille, on clique sur une icône. Il n’y a ni résumé à produire, ni image à générer, ni décision complexe à déléguer. Quand l’IA devient une condition d’entrée, elle cesse d’être un outil et devient un péage.
Une collection dédiée aux applications d’IA reste cohérente pour un service qui veut structurer son offre autour de ce marché. En revanche, écarter un lanceur jugé utile parce qu’il n’intègre pas d’IA encourage le remplissage artificiel. Ça sonne creux, ce discours où chaque application doit soudain devenir un assistant personnel.
Deux jardins clos, un lanceur coincé
AppHub se retrouve entre deux filtres qui n’ont pas le même objectif. Apple protège l’identité visuelle de ses logiciels et limite les applications qui reproduisent leurs interfaces. Setapp organise son catalogue autour d’une priorité commerciale, ici la collection AI+. Dans les deux cas, la fonction précise du logiciel ne suffit pas à garantir son accès au canal de distribution visé.
La vente sur Gumroad fournit une voie distincte, mais elle ne remplace pas automatiquement la présence dans le Mac App Store ou dans un abonnement connu des utilisateurs Mac. Le développeur doit donc arbitrer entre plusieurs gardiens : Apple pour la conformité de l’interface, MacPaw pour la ligne éditoriale du catalogue, et la vente directe pour le reste.
Ce cas ne permet pas d’affirmer que toutes les applications sans IA seront refusées par Setapp. Il montre toutefois comment les règles de distribution peuvent influencer la conception d’un logiciel. Apple bloque la reproduction d’une ancienne fonction, tandis qu’un distributeur privilégie une catégorie technologique absente du produit.
Un lanceur sans IA peut donc être trop proche d’Apple pour le Mac App Store et pas assez moderne pour Setapp. À ce rythme, il faudra bientôt greffer un neural engine à la calculatrice pour lui trouver une place dans un catalogue. Le bouton, lui, demandera toujours la même chose : ouvrir l’application.
Sources et références scientifiques
- Malcolm Owen. Setapp denied Launchpad replacement for not using AI. This is not good.. 2026.
- Setapp denied Launchpad replacement for not using AI. This is not good., AppleInsider Forums.





