Le 24 février 2026 à 11 heures, heure de l’Est américaine, Apple réunira ses actionnaires en ligne. Ils voteront sur le conseil d’administration, la rémunération de Tim Cook et une proposition consacrée aux activités industrielles en Chine. La scène sera virtuelle, mais le micro appartiendra aux investisseurs.
Les actionnaires inscrits au 2 janvier 2026 pourront participer, voter et poser leurs questions sur le site virtuel d’Apple. Un numéro de contrôle sera requis pour se connecter, avec une ouverture possible 15 minutes avant le début de la réunion. Le calendrier figure dans le dépôt réglementaire transmis par Apple à la SEC le 8 janvier 2026.
Le jardin clos passe au vote
Le programme ressemble à celui d’une assemblée annuelle classique : réélection du conseil, approbation de la rémunération des dirigeants, ratification du cabinet d’audit et vote sur le Non-Employee Director Stock Plan. Plusieurs résolutions déposées par des investisseurs complètent l’ordre du jour.
La mécanique administrative cache une vraie question de gouvernance. Qui fixe la trajectoire d’Apple quand les risques industriels, la réglementation et la transition de direction arrivent sur la même feuille de route? Le 24 février, Apple devra défendre sa manière de piloter le groupe, pas simplement aligner ses résultats.
La pomme de discorde pousse en Chine
La proposition la plus politique vient du National Center for Public Policy Research, un groupe de réflexion conservateur américain. Elle demande au conseil d’évaluer les risques et les coûts liés au maintien des activités industrielles d’Apple en Chine. Le texte cite les droits de douane, la pression sur la chaîne d’approvisionnement et l’accès aux terres rares, que Pékin pourrait utiliser comme levier.
La résolution mentionne aussi de possibles opérations d’espionnage visant le projet Apple Car en 2018 et 2019. Il s’agit d’une allégation contenue dans le texte soumis au vote, pas d’un fait établi par Apple dans son document de convocation. La nuance compte, car le vote transforme un sujet de géopolitique industrielle en question de gouvernance.
Le conseil sort le parapluie réglementaire
Le conseil d’administration recommande de rejeter la proposition. Apple estime déjà fournir des informations détaillées sur ses opérations internationales et juge le rapport demandé trop prescriptif. Selon le conseil, cette obligation pourrait limiter la capacité de la direction à gérer les activités courantes.
Les actionnaires ne voteront donc pas directement pour ou contre un retrait de Chine. Ils décideront s’il faut imposer une évaluation supplémentaire à la direction. Cette différence juridique touche pourtant au fonctionnement du groupe : Apple doit produire à grande échelle, préserver le contrôle de son design et sécuriser une chaîne industrielle exposée aux décisions de Pékin. La Chine n’est pas une ligne de tableur que l’on supprime avec un clic droit.
Apple met parallèlement en avant sa croissance en Inde, en Amérique latine et au Moyen-Orient. Ces marchés peuvent réduire certains risques de concentration, mais ils ne remplacent pas du jour au lendemain l’appareil industriel chinois. Ça négocie sévère entre efficacité, coût et risque politique.
Cook, ligne de conduite et vieux réflexes
Deux administrateurs dépassant la limite d’âge habituelle d’Apple seront candidats à leur réélection. Art Levinson, président du conseil, a 75 ans, tandis que Ron Sugar, président du comité d’audit, en a 77. Apple indique généralement que ses administrateurs ne doivent plus se représenter après 75 ans, mais le conseil a levé cette règle pour les deux hommes.
Apple justifie cette exception par leur expérience, leur connaissance des opérations du groupe et la continuité des postes de direction du conseil. Cette dérogation laisse ouverte une question de succession, sans fournir de calendrier pour Tim Cook. Le directeur général reste en fonction et Apple n’annonce aucun départ.
Le choix de conserver Levinson donne donc aux actionnaires un indice concret sur la priorité du conseil : maintenir la continuité de sa direction pendant que le groupe prépare la suite de son organisation. On peut y voir une précaution de gouvernance, pas une annonce de succession. Le communiqué ne dit pas davantage.
416,2 milliards, la caisse est pleine
Apple aborde l’assemblée avec un chiffre d’affaires record de 416,2 milliards de dollars pour son exercice fiscal 2025. Les Services ont progressé de 14 % sur un an, avec l’App Store, Apple Music, Apple Pay et les autres activités récurrentes au cœur de cette branche.
Ce résultat donne du poids à la direction lorsqu’elle défend sa stratégie internationale. Il ne règle pas le débat sur la Chine, mais il montre que le groupe génère une part croissante de ses revenus au-delà des ventes de matériel. La poule aux œufs d’or ne pond plus seulement des iPhone : elle produit aussi des abonnements, des commissions et des services financiers.
La rémunération cible de Tim Cook pour 2025 atteint environ 74 millions de dollars. La majorité provient d’actions et d’options, avec une part en numéraire nettement plus faible. Le vote porte donc sur une rémunération attribuée selon plusieurs composantes, pas sur un chèque de 74 millions versé en liquide.
416,2 milliards de dollars de chiffre d’affaires, 14 % de croissance pour les Services et 74 millions de rémunération cible : le vote se fera avec une calculette.
La keynote passe en mode proxy
Dans sa lettre aux actionnaires, Tim Cook met en avant les lancements de 2025 : la famille iPhone 17les AirPods Pro 3 et la version équipée de la puce M5 de l’Apple Vision Pro. Apple présente l’iPhone 17 Pro comme son iPhone le plus puissant et l’iPhone Air comme son modèle le plus fin. Ces formulations viennent de la direction, pas d’un benchmark indépendant fourni dans le document.
La lettre cite aussi les appareils équipés de puces Apple Silicon, dont l’iPad Prole MacBook Pro et l’Apple Vision Pro. Le logiciel occupe une place importante dans ce rappel avec le design Liquid Glassles fonctions d’Apple Intelligenceles outils d’écriture, la reconnaissance visuelle et la traduction en direct avec les AirPods Pro 3.
Cette liste de produits répond à un besoin précis : rappeler aux investisseurs que le jardin clos relie puces, systèmes et services dans un modèle rentable. Le discours reste très keynote, même quand l’audience vient surtout pour parler de conseil d’administration, de Chine et de rémunération.
Le vote du 24 février ne décidera pas à lui seul de l’avenir des activités industrielles d’Apple en Chine ni du prochain directeur général. Il donnera une photographie des rapports entre une direction soutenue par 416,2 milliards de dollars de chiffre d’affaires, un conseil qui protège sa continuité et des actionnaires qui demandent davantage de visibilité sur la chaîne de production. Le bouton mute risque de travailler dur.
Sources et références scientifiques
- Marko Zivkovic. Apple's 2026 annual shareholder meeting is on February 24. 2026.
- Campbell RE, Beresford RM, Amponsah NT, Walter M, Scheper R, Vetharaniam I.. Modeling Biological Responses to Meteorological Variables to Predict Disease Risk for European Canker (Neonectria ditissima) in Apple.. Phytopathology. 2026. DOI: 10.1094/phyto-12-25-0385-r · PMID: 41812221. (résumé scientifique structuré; texte intégral non fourni)
- TOI Tech Desk. Apple's 2026 annual shareholder meeting on February 24: Read CEO Tim Cook's 'invite letter'. 2026.
- Marko Zivkovic. Apple's 2026 annual shareholder meeting is on February 24 – NewsBreak. 2026.
- Paul Terpstra. Apple Sets February 24 Date for 2026 Annual Shareholder Meeting. 2026.
- Eric Slivka. Apple's Annual Shareholders Meeting Will Take Place on February 24. 2026.






