Bad Bunny au Super Bowl LX: 13 minutes de show, La Casita et politique
Le 8 février 2026Bad Bunny a transformé la mi-temps du Super Bowl LX en fête portoricaine, entre chorégraphies, invités surprises et message politique. Apple Music avait préparé le terrain avec une bande-annonce, une page dédiée et une playlist taillée pour l’occasion.
Le Benito Bowl ouvre le jardin clos
Le rendez-vous s’est déroulé au Levi’s Stadium de Santa Clara, en Californie, pendant la finale entre les Seattle Seahawks et les New England Patriots. Bad Bunny, de son vrai nom Benito Antonio Martínez Ocasio, avait été annoncé comme tête d’affiche en septembre 2025.
Le 16 janvier 2026, Apple Music a publié une bande-annonce officielle d’un peu plus d’une minute. Sa promesse tenait en une phrase: « On February 8, the world will dance. » Quelques semaines plus tôt, la plateforme avait aussi lancé sa page Road to Halftimeavec une sélection de morceaux et la playlist Bad Bunny Essentials. La poule aux œufs d’or du streaming avait donc déjà commencé à pondre avant même le coup d’envoi.
Ce spectacle était le quatrième show de mi-temps sponsorisé par Apple Musicaprès Rihanna en 2023, Usher en 2024 et Kendrick Lamar en 2025. Le service ne vendait pas seulement un créneau publicitaire: il associait son catalogue à un artiste, à une campagne et à un événement mondial.
Bad Bunny arrivait avec un album déjà récompensé. DeBÍ TiRAR MáS FOToS avait notamment remporté le prix de l’album de l’année aux Grammy Awards avant le 8 février 2026. Le défi était moins technique que dramaturgique: faire tenir une discographie massive dans une mi-temps d’environ un quart d’heure.
La Casita, grande fiesta dans le stade
Le spectacle devait faire tenir une identité musicale et politique dans environ 13 minutes. Bad Bunny a ouvert le show avec Tití Me Preguntóvêtu de blanc et tenant un ballon de football. La suite a enchaîné EooBAILE INOLVIDABLEEl ApagónCAFé CON RONMONACO et NUEVAYoLavec des transitions conçues pour la danse plutôt que pour des interprétations complètes.
Le décor le plus reconnaissable était La Casitadéjà associée à la résidence portoricaine de l’artiste en 2025. La maison a servi de point de départ à une fête collective où sont apparus Alix Earle, Jessica Alba, Cardi B, Karol G, Pedro Pascal, Ronald Acuña Jr. et Young Miko. Le spectacle ajoutait aussi Villas Tacos, une enseigne de Los Angeles, à son décor. Beaucoup de monde, donc, mais le patron restait Benito.
La mise en scène suivait une histoire d’amour. Un couple s’est fiancé, puis s’est marié dans une séquence préparée avant de rejoindre la fête. Lady Gaga a ensuite interprété une version aux accents latins de Die With a Smilele titre associé à Bruno Mars. Ricky Martin est arrivé plus tard pour chanter LO QUE LE PASÓ A HAWAii. Pour une simple pause entre deux quarts-temps, ça négociait sévère côté casting.
Un Grammy, deux drapeaux et le grand écran de l’amour
Bad Bunny a glissé un moment plus intime dans cette production XXL. Après avoir montré son discours de remerciement sur un petit écran, il a semblé donner son Grammy de l’album de l’année à un enfant. Le geste rompait avec le défilé de stars et ramenait la séquence à une relation directe avec le public.
La fin a pris une direction politique et identitaire plus nette. Bad Bunny a brandi le drapeau de Puerto Rico, puis fait apparaître des drapeaux représentant plusieurs pays. Les écrans du stade affichaient: « The only thing more powerful than hate is love. » Le ballon qu’il tenait ensuite portait une autre formule: « Together, We Are America. »
Ces messages ne tombaient pas du ciel. Bad Bunny avait choisi de ne pas programmer d’étapes américaines sur sa tournée mondiale Debí Tirar Más Fotospar crainte de contrôles et de raids de l’ICE à proximité des concerts. Le Super Bowl constituait donc sa seule performance aux États-Unis pendant cette période. Le message ne cherchait pas la subtilité, mais la mi-temps n’est pas exactement un séminaire de philosophie politique.
Road to Halftime, la playlist en embuscade
Pour Apple Musicla mécanique était bien rodée: bande-annonce le 16 janvier, page Road to Halftimeplaylist dédiée, performance télévisée et invités surprises. Le service étendait la durée de vie du show avant et après les chansons, avec le catalogue de Bad Bunny au centre du dispositif.
Le catalogue passe en prime time
La plateforme profitait d’un rendez-vous où le nom de l’artiste, ses morceaux et son univers devenaient visibles dans un même mouvement. La campagne ne reposait donc pas sur une publicité de trente secondes isolée. Elle liait le spectacle au streaming, sans détour par les tarifs, la commission de 30 % de l’App Store ou la qualité audio. Pour une marque qui cultive d’ordinaire son jardin closle choix consistait à laisser entrer une voix très personnelle sur la plus grande scène musicale du week-end.
Le risque éditorial était clair: Bad Bunny chante majoritairement en espagnol et le show plaçait cette langue au centre, avec Puerto Rico, les références latino-américaines et les drapeaux. Il n’y avait pas besoin de traduire chaque parole pour suivre la progression visuelle. La rédaction, pourtant capable de disserter sur un Neural Engine pendant le déjeuner, a dû admettre que le rythme faisait une bonne partie du travail.
Le dernier morceau reste hors champ
Le spectacle n’a pas tenté de reproduire les recettes de Rihanna, Usher ou Kendrick Lamar. Il a préféré une trajectoire précise: ballon de football, La Casitafête, mariage, invités, drapeaux et message final. Bad Bunny a terminé avec DtMFaprès avoir fait entrer Puerto Rico et son débat politique dans le décor du Super Bowl.
Pour Apple Musicle pari était de sponsoriser un show impossible à rendre totalement neutre. C’est aussi ce qui lui donnait sa cohérence. Reste la question habituelle après chaque mi-temps: quelle chanson a été sacrifiée pour tenir dans le chronomètre? Avec Bad Bunny, la réponse pourrait remplir un autre stade.
Sources et références scientifiques
- Amber Neely. Bad Bunny dances his way to the Super Bowl halftime show. 2026.
- Carly Thomas. Watch Bad Bunny Super Bowl Halftime Performance 2026. 2026.
- David Suggs. Super Bowl halftime show reviews 2026: The best, worst reactions to Bad Bunny's performance. 2026.






