Le 10 février 2026, Paramount a renforcé son offre hostile sur Warner Bros. Discovery sans toucher à son prix de 30 dollars par action. Le groupe promet 650 millions de dollars par trimestre de retard et la prise en charge de 2,8 milliards de frais de rupture. A Hollywood, le calendrier vaut désormais son pesant de cash.
Warner contre-attaque, Netflix encaisse
Le 5 décembre 2025, Warner Bros. Discovery a accepté une proposition de Netflix évaluée à 82,7 milliards de dollars. Le projet porte sur les studios et les activités de streaming. Les réseaux câblés restants, dont CNN, doivent être séparés dans une nouvelle entreprise appelée Discovery Global.
L’accord reste soumis aux autorisations réglementaires. Même avec un feu vert, la transaction ne devrait pas être bouclée avant la fin de 2026, tandis que Warner Bros. Discovery prépare la séparation de Discovery Global. On est donc loin d’un simple bouton Acheter, dommage pour Hollywood.
Le dossier oppose deux périmètres avant même d’opposer deux prix.
30 dollars cash, pas le même panier

Paramount maintient une offre entièrement en numéraire de 30 dollars par action pour l’ensemble de Warner Bros. Discovery, CNN compris. Netflix avait d’abord proposé 27,75 dollars par action dans une offre qui n’était pas entièrement en cash, avant de réviser sa proposition en numéraire.
La comparaison ne se résume pourtant pas à 2,25 dollars de différence. Netflix vise les studios et le streaming, alors que Paramount propose d’acheter toute l’entreprise. Les actionnaires doivent donc comparer le prix, les actifs qui resteraient dans chaque périmètre et le calendrier de réalisation.
Le prix facial avantage Paramount, mais le panier n’est pas identique. Le groupe essaie de rendre son offre plus attractive sans augmenter son prix par action (attention, la facture se compte en dizaines de milliards).
Le retard, ce jackpot à la Paramount
Dans un dépôt transmis à la SEC le 10 février 2026, Paramount s’est engagé à verser environ 650 millions de dollars aux actionnaires de Warner Bros. Discovery pour chaque trimestre pendant lequel l’accord Netflix ne serait pas finalisé, à partir de 2027.
Le groupe promet aussi de payer rapidement et intégralement les 2,8 milliards de dollars de frais de rupture que Warner Bros. Discovery devrait verser à Netflix si l’opération était abandonnée. Cette promesse supprime une partie du coût associé à la rupture du contrat Netflix, sans relever l’offre de 30 dollars.
Le calendrier devient ainsi une variable financière. Si le vote des actionnaires, les autorités ou les négociations repoussent la clôture, Paramount veut rémunérer cette attente. A l’ouverture des marchés, l’action Warner Bros. Discovery a progressé d’environ 1 % après l’annonce. Une hausse modeste, qui ne tranche évidemment pas le match.
Synergies: le mot qui coupe court
Netflix a riposté sur le terrain de la communication. Lors d’une interview diffusée par Fox Business Network, Clete Willems, son directeur des affaires mondiales, a affirmé que Paramount avait identifié 6 milliards de dollars de synergies dans son projet. Il a résumé sa critique par la formule « code for 6 billion dollars in job cuts »soit « un code pour 6 milliards de dollars de suppressions de postes ».
Cette phrase est une accusation, pas un bilan confirmé des emplois concernés. Elle vise toutefois le mécanisme classique des fusions: les économies peuvent venir des doublons entre studios, chaînes, plateformes et fonctions administratives. Le mot synergies passe très bien dans une présentation financière, jusqu’au moment où quelqu’un doit détailler la facture sociale.
Netflix fait également l’objet d’un examen du Department of Justice sur ses pratiques commerciales. Clete Willems a présenté cette procédure comme un contrôle ordinaire lié à une fusion. Paramount soutient de son côté que le rapprochement entre Netflix et Warner Bros. Discovery serait anticoncurrentiel. Chacun défend donc la régulation quand elle menace le voisin.
Actionnaires, régulateurs et générique de fin
Warner Bros. Discovery affirme que plus de 93 % de ses actionnaires rejettent l’offre Paramount, qu’elle juge inférieure. Ce chiffre vient de la direction du groupe et ne remplace pas le vote formel. Une assemblée spéciale est attendue fin mars ou début avril 2026.
Le vote, épisode spécial
Le prochain obstacle est donc double: les actionnaires doivent se prononcer, puis les autorités doivent examiner les conséquences de l’opération. Paramount promet 650 millions de dollars par trimestre à partir de 2027, Netflix défend ses synergies et Warner Bros. Discovery doit encore organiser la séparation de Discovery Global.
Paramount n’a pas relevé ses 30 dollars, mais il a mis un prix sur l’attente. A Hollywood, même le délai finit par envoyer la facture.
Sources et références scientifiques
- William Gallagher. Paramount bids to stop Netflix buying Warner Bros. 2025.
- Andrew Kirell. Paramount sweetens hostile bid to stop Netflix-Warner Bros. deal. 2026.






