Février 2026. Cupertino vacille. Pendant qu’Apple promet encore et encore un Siri vraiment intelligent pour bientôt, les fabricants chinois frappent fort. Très fort. Huawei reprend la première place en Chine avec 18 % de parts de marché au deuxième trimestre 2025, Xiaomi développe ses propres puces gravées en 3 nm, et l’écosystème HarmonyOS se déploie sans demander la permission à personne[web:17][web:6]. Ce qui se joue n’est pas une simple bataille commerciale. C’est une redistribution brutale des cartes dans l’industrie mobile, orchestrée par ceux qu’on sous-estimait il y a encore cinq ans.
⚡ L’essentiel à retenir
- Apple Intelligence : un échec stratégique assumé, avec un Siri toujours aussi limité et des fonctionnalités repoussées jusqu’en 2027
- Huawei redevient numéro 1 en Chine au T2 2025 avec une croissance de 15 %, porté par HarmonyOS 5.0 et son modèle d’IA Pangu 5.5
- Xiaomi développe ses propres puces 3 nm pour réduire sa dépendance à Qualcomm et rivaliser avec Apple
- Les fabricants chinois transforment l’IA en argument commercial massif, là où Apple peine à convaincre
Le naufrage annoncé d’Apple Intelligence
L’année 2024 devait marquer le grand retour d’Apple dans la course à l’intelligence artificielle. Apple Intelligence, présenté comme une révolution lors de la WWDC, promettait un Siri enfin à la hauteur, des résumés pertinents, une génération d’images intégrée[web:1]. Un an et demi plus tard, le constat est sans appel : c’est un échec. Les fonctionnalités les plus attendues sont repoussées, les résumés de notifications génèrent des aberrations hilarantes, et Siri reste aussi bête qu’avant[web:4].
Pire encore, Apple a dû procéder à une réorganisation interne fin mars 2025, retirant le développement de Siri à John Giannandrea pour le confier à Mike Rockwell, un ingénieur hardware réputé pour mener des projets complexes[web:5]. Un aveu de faiblesse rare chez une entreprise qui cultive l’image de la perfection. Craig Federighi, patron des logiciels, justifie ces reports par l’exigence de qualité d’Apple. Traduction : ils ont voulu aller trop vite et se sont plantés.
Pendant ce temps, ChatGPT et Claude continuent de progresser à vitesse grand V. Apple, elle, fait diversion en annonçant l’intégration de Gemini et une interface commune baptisée Liquid Glass[web:1]. L’IA interne ? On en reparlera peut-être en 2027.
Huawei et Xiaomi : l’offensive par l’intelligence artificielle
Pendant qu’Apple patine, les géants chinois accélèrent. Huawei vient de lancer Pangu 5.5, son modèle d’IA de cinquième génération, avec des capacités avancées en traitement du langage naturel, vision par ordinateur, multimodal et calcul scientifique[web:14][web:15]. Le modèle intègre une technologie de pensée rapide et lente adaptative, capable de basculer intelligemment entre différents modes de réflexion selon la complexité des problèmes posés.
Xiaomi, de son côté, frappe là où ça fait mal : l’indépendance technologique. Le fabricant développe désormais ses propres puces gravées en 3 nanomètres, réduisant sa dépendance à Qualcomm et MediaTek[web:6]. Son processeur maison XRing O1, intégré au Xiaomi 15s Pro, témoigne d’une stratégie axée sur la recherche et développement. Une démarche qui rappelle étrangement celle d’Apple avec ses puces A-series… sauf que Xiaomi l’accompagne d’une IA performante et disponible maintenant.
L’alliance tacite entre Huawei et Xiaomi crée un écosystème complet : puces chinoises avancées, intelligence artificielle embarquée, systèmes d’exploitation indépendants (HarmonyOS et HyperOS). Les deux constructeurs proposent des agents IA capables d’anticiper les habitudes utilisateurs, de gérer l’environnement connecté et d’offrir des fonctionnalités de traduction en temps réel, d’édition photo et vidéo assistée[web:26][web:28].
Les chiffres qui font mal à Cupertino
Les statistiques du marché chinois racontent une histoire brutale pour Apple. Au deuxième trimestre 2025, Huawei reprend la première place avec 12,2 millions d’unités expédiées et 18 % de part de marché, signant une croissance annuelle de 15 %[web:17]. Le constructeur a bénéficié du lancement de sa gamme Nova 14, première à tourner sous HarmonyOS 5.0.
| Fabricant | Part de marché Chine T2 2025 | Croissance annuelle | Atout IA principal |
|---|---|---|---|
| Huawei | 18 % | +15 % | Pangu 5.5, HarmonyOS 5.0 |
| Vivo | 17 % | -10 % | Édition photo IA, galerie intelligente |
| OPPO | 16 % | Stable | Find N5 avec IA multimodale |
| Xiaomi | 15 % | +3 % | Puce XRing O1, HyperOS 2 avec IA |
| Apple | 17 % (T4 2025: 22%) | Variable | Apple Intelligence (limité) |
Apple conserve certes le leadership mondial avec environ 20 % de part de marché globale[web:10], mais la dynamique chinoise raconte une autre histoire. Le constructeur californien a connu un rebond au quatrième trimestre 2025 avec une croissance de 28 % de ses livraisons d’iPhone[web:10], porté par le lancement de l’iPhone 17. Mais ce sursaut cache une réalité moins reluisante : sans véritable différenciation par l’IA, Apple mise uniquement sur son image de marque premium et son écosystème verrouillé.
L’indépendance technologique comme arme stratégique
La véritable révolution ne se joue pas uniquement dans les algorithmes. Elle se joue dans l’autonomie technologique. Huawei, frappé par les sanctions américaines depuis 2019, a réussi l’impensable : développer un écosystème complet et indépendant, des puces aux modems 5G en passant par le système d’exploitation[web:6]. Une souveraineté technologique qui fait rêver tous les fabricants chinois.
Xiaomi suit le même chemin. Troisième fabricant mondial de smartphones derrière Samsung et Apple, le groupe chinois refuse désormais de dépendre des technologies américaines. Bloomberg révèle qu’une transition progressive vers des SoC maison débuterait dès 2025, réduisant drastiquement la dépendance à Qualcomm et MediaTek[web:6]. Le retour de Donald Trump à la Maison Blanche et son protectionnisme assumé renforcent cette stratégie : mieux vaut anticiper de nouvelles restrictions commerciales que les subir.
Cette quête d’indépendance transforme profondément le paysage mobile. Samsung possède ses Exynos, Google équipe ses Pixel de puces Tensor, Apple maîtrise ses A-series depuis des années. Désormais, les fabricants chinois rejoignent ce club très fermé des constructeurs capables de concevoir leurs propres processeurs. Une révolution silencieuse mais déterminante.
Pourquoi Apple vacille vraiment
Le problème d’Apple ne se résume pas à un retard technologique. Il est culturel. La marque à la pomme a bâti son succès sur une promesse simple : l’harmonie parfaite entre matériel et logiciel, une expérience utilisateur fluide et contrôlée[web:27]. Sauf qu’avec Apple Intelligence, cette promesse vole en éclats. Des produits vendus “Ready for Apple Intelligence” alors que l’intelligence en question brille par son absence. Des reports à répétition. Des résumés de notifications qui deviennent des memes sur les réseaux sociaux.
Pour la première fois depuis des années, Apple semble vulnérable. L’échec cuisant de l’Apple Vision Pro, les procédures judiciaires pour pratiques commerciales douteuses, les départs en cascade au sein de l’entreprise en 2025[web:1][web:21]… Les signaux d’alerte s’accumulent. Tim Cook a beau tenter une réorganisation interne, le mal est plus profond qu’un simple problème d’organigramme.
Pendant ce temps, les fabricants chinois transforment l’IA en argument de vente massif. Traduction en temps réel, édition photo assistée, assistants vocaux capables d’anticiper les besoins, gestion intelligente de l’écosystème connecté[web:16]… Tout ce qu’Apple promettait, eux le livrent. Maintenant. Pas dans dix-huit mois.
Une redistribution mondiale en marche
Ce qui se joue dépasse largement la Chine. Les fabricants du pays ne visent pas uniquement leur marché domestique. Ils ciblent l’Asie, les marchés émergents, et progressivement l’Europe. Honor, Oppo, Vivo et Huawei ont tous confirmé le lancement de nouveaux smartphones pliables en 2025, un segment où Apple reste étrangement absent[web:9]. Une absence qui laisse un boulevard aux constructeurs chinois pour s’imposer comme les innovateurs du moment.
Le duopole Apple-Google vacille. Non pas parce que les deux géants disparaîtraient du jour au lendemain, mais parce qu’un troisième bloc émerge avec des moyens colossaux, une stratégie claire et une capacité d’innovation redoutable. Un bloc qui ne dépend plus de la Silicon Valley, qui développe ses propres standards et qui transforme les sanctions américaines en opportunité de souveraineté technologique.
Apple peut-elle se ressaisir ? Techniquement, oui. L’entreprise possède les ressources, les talents et la trésorerie pour rattraper son retard. Mais le temps presse. Chaque trimestre qui passe sans véritable avancée sur Apple Intelligence renforce la position des concurrents. Chaque report de Siri offre un boulevard à Huawei, Xiaomi et les autres. La fenêtre de tir se referme. Et dans l’industrie technologique, les retardataires finissent rarement sur le podium.
2026 sera-t-elle vraiment l’année de l’IA pour Apple, comme certains analystes l’espèrent[web:3] ? Ou assistera-t-on à une nouvelle série de promesses non tenues ? Une chose est certaine : les fabricants chinois, eux, ne promettent plus. Ils livrent. Et c’est peut-être ça, la vraie disruption.
Pour aller plus loin
Découvrez cette analyse vidéo sur l’alliance stratégique entre Huawei et Xiaomi face à Apple :






