Vingt dollars canadiens pour 60 gigaoctets de données 5G. Lisez cette phrase à nouveau. Au Canada, pays tristement célèbre pour ses tarifs mobiles stratosphériques, cette annonce ressemble à une faute de frappe ou à une blague cruelle. Pourtant, Public Mobile a bien lancé cette offensive tarifaire fin janvier 2026, cassant littéralement les codes d’un secteur où l’on acceptait depuis des années de payer 70 à 90 dollars pour des forfaits équivalents. Cette vente flash, qui s’est achevée le 26 janvier, a semé la panique chez les concurrents et déclenché une vague d’inscriptions sans précédent.
L’essentiel à retenir
- 60 Go de données 5G pour seulement 20 $/mois (prix régulier : 40 $)
- Réduction de 50 % garantie pendant 2 ans pour les nouveaux clients
- Itinérance incluse au Canada, États-Unis et Mexique sans frais supplémentaires
- Appels et textos illimités dans les trois pays
- Vitesse 5G plafonnée à 250 Mbps, throttling à 512 Kbps après consommation
- Offre flash terminée le 26 janvier 2026, mais d’autres promotions existent
Quand un opérateur discount fait trembler tout un marché
Public Mobile n’est pas un nouvel entrant. Filiale de Telus depuis des années, cet opérateur prépayé joue historiquement dans la cour des budget-friendly avec des forfaits basiques entre 15 et 30 dollars. Mais cette fois, l’opérateur a frappé fort. Très fort. La promotion lancée le 22 janvier proposait trois paliers agressifs : 60 Go à 20 $, 80 Go à 25 $ et 100 Go à 30 $ par mois. Pour contextualiser : un forfait similaire chez Bell ou Rogers coûte facilement le double, voire le triple.
Cette stratégie commerciale ultra-agressive s’inscrit dans une guerre tarifaire qui s’intensifie au Canada. Les consommateurs canadiens paient historiquement parmi les prix les plus élevés au monde pour leurs communications mobiles. Selon plusieurs études comparatives internationales, un forfait moyen de 10 Go au Canada coûte entre 50 et 70 dollars, quand il oscille autour de 15 à 25 dollars en Europe. Public Mobile a visiblement décidé de capitaliser sur cette frustration collective.
Les détails qui changent tout
Bien sûr, comme toute opération marketing qui paraît trop belle, il faut lire les petites lignes. L’offre s’adressait exclusivement aux nouveaux clients, coupant l’herbe sous le pied des abonnés actuels qui espéraient basculer. Techniquement, certains clients existants ont pu accéder brièvement via l’application mobile à une offre encore plus folle : 100 Go pour 20 dollars. Mais Public Mobile a rapidement colmaté cette brèche, laissant des milliers d’abonnés frustrés.
Autre point crucial : la réduction de 50 % est valable 24 mois. Après deux ans, le prix remonte automatiquement à 40 dollars mensuels (ou au tarif en vigueur à ce moment-là). Rien d’anormal dans l’industrie, mais il faut anticiper cette hausse. Côté technique, Public Mobile bride la vitesse 5G à 250 Mbps maximum – largement suffisant pour 99 % des usages quotidiens – et réduit le débit à 512 Kbps une fois l’enveloppe data épuisée. Autrement dit, vous naviguez au ralenti, mais restez connecté.
| Forfait Public Mobile | Prix promotionnel | Prix régulier | Données incluses | Vitesse réseau |
|---|---|---|---|---|
| Plan Canada-USA-Mexique | 20 $/mois | 40 $/mois | 60 Go 5G | 250 Mbps max |
| Plan Canada-USA-Mexique | 25 $/mois | 50 $/mois | 80 Go 5G | 250 Mbps max |
| Plan Canada-USA-Mexique | 30 $/mois | 60 $/mois | 100 Go 5G | 250 Mbps max |
Un réseau Telus… avec quelques compromis
Public Mobile utilise l’infrastructure de Telus, l’un des trois géants télécoms canadiens. Sur le papier, ça sonne rassurant : couverture nationale solide, qualité 5G, fiabilité éprouvée. Dans les faits, Public Mobile applique une politique de déprioritisation en cas de congestion réseau. Concrètement, si une antenne est saturée, les abonnés Bell, Rogers ou Telus premium passent devant vous. Dans les zones urbaines denses ou lors d’événements massifs, vous pourriez expérimenter des ralentissements.
Plusieurs utilisateurs rapportent des expériences contrastées. Certains louent la stabilité du réseau même en région éloignée (Abitibi, par exemple), tandis que d’autres se plaignent de connexions instables dans la couronne montréalaise. La 5G affichée n’est pas toujours au rendez-vous : des témoignages mentionnent des basculements fréquents en LTE ou 4G, surtout sur certains modèles de smartphones moins récents. Public Mobile reste un opérateur discount, et cela se traduit parfois par une qualité de service moins homogène qu’un opérateur principal.
Comparaison avec l’écosystème canadien actuel
Pour bien mesurer l’impact de cette offre, il faut la positionner dans le paysage télécom canadien de février 2026. Chez Fido (filiale de Rogers), un forfait de 70 Go coûte environ 45 dollars par mois. Virgin Plus (propriété de Bell) propose 60 Go autour de 40 dollars. Fizz, l’opérateur low-cost de Vidéotron, tourne à 26 dollars pour 3 Go seulement, avec personnalisation possible mais toujours loin des volumes de Public Mobile.
Chatr, autre acteur budget, offre 5 Go pour 25 dollars en prépayé. Face à ces tarifs, l’offensive de Public Mobile ressemble à un électrochoc. Aucun concurrent majeur n’a égalé cette offre dans les jours suivants. Bell, Rogers et Telus (la maison mère, paradoxalement) sont restés silencieux, laissant leur filiale discount jouer les trouble-fêtes. Cette stratégie permet à Telus de capter les clients ultra-sensibles au prix sans cannibaliser ses forfaits premium.
| Opérateur | Prix mensuel | Données | Type |
|---|---|---|---|
| Public Mobile (promo) | 20 $ | 60 Go 5G | Prépayé |
| Fido | 45 $ | 70 Go 4G | Postpayé |
| Virgin Plus | 40 $ | 50 Go | Postpayé |
| Fizz | 23 $ | 2 Go | Prépayé |
| Chatr | 25 $ | 5 Go | Prépayé |
Itinérance transfrontalière : le vrai bonus
L’élément différenciant de cette promotion ? L’itinérance incluse aux États-Unis et au Mexique. Vous traversez la frontière américaine pour le travail ou les vacances ? Vos 60 Go fonctionnent sans surcoût. Idem au Mexique. Pour les Canadiens qui voyagent fréquemment ou vivent près de la frontière (Québec-Vermont, Ontario-Michigan, Colombie-Britannique-Washington), cette caractéristique élimine les frais d’itinérance souvent prohibitifs.
Chez les opérateurs traditionnels, l’itinérance coûte entre 12 et 18 dollars par jour d’utilisation. Une semaine aux États-Unis peut facilement ajouter 100 à 120 dollars à votre facture. Public Mobile offre cette tranquillité d’esprit en standard, transformant un forfait déjà agressif en proposition de valeur imbattable pour une certaine catégorie d’utilisateurs.
L’offre est terminée, et maintenant ?
Mauvaise nouvelle si vous lisez cet article début février 2026 : la vente flash s’est terminée le 26 janvier. Les nouveaux clients ne peuvent plus activer ce forfait spécifique. Public Mobile a depuis réajusté ses grilles tarifaires vers des offres moins spectaculaires, bien que toujours compétitives face au marché. Les forfaits actuels tournent autour de 35 à 40 dollars pour des volumes de données comparables.
Faut-il pour autant abandonner tout espoir ? Pas nécessairement. Public Mobile organise régulièrement des promotions ponctuelles, souvent sans grand préavis. S’inscrire à leur infolettre ou surveiller les forums spécialisés (Reddit Canada, notamment) permet de capter ces opportunités. Certains utilisateurs recommandent aussi de créer un compte Public Mobile même sans activer immédiatement, afin de recevoir des offres personnalisées par courriel.
Public Mobile, un choix pour qui ?
Cet opérateur convient parfaitement aux utilisateurs autonomes qui n’ont pas besoin d’accompagnement client poussé. Public Mobile fonctionne en mode prépayé : aucun contrat, aucune vérification de crédit, résiliation possible à tout moment. Vous payez d’avance, vous consommez, c’est tout. Pas de boutique physique où se rendre en cas de pépin, tout se gère en ligne ou via l’application mobile.
Le service client est minimaliste, voire inexistant selon certains témoignages. Les problèmes techniques se règlent via une communauté d’entraide en ligne ou un chatbot. Si vous êtes du genre à paniquer dès qu’une fonctionnalité ne marche pas, Public Mobile risque de vous frustrer. En revanche, si vous maîtrisez les bases de la téléphonie mobile et cherchez avant tout un rapport qualité-prix maximal, c’est une option redoutable.
Apple et compatibilité eSIM
Bonne nouvelle pour les utilisateurs d’iPhone récents : Public Mobile supporte l’eSIM. Depuis l’iPhone XS et tous les modèles ultérieurs (iPhone 11, 12, 13, 14, 15, 16), vous pouvez activer votre forfait Public Mobile sans carte SIM physique. Le processus prend quelques minutes via l’application ou le portail web, et vous êtes opérationnel immédiatement. Pour les possesseurs d’iPhone 14 et au-delà vendus aux États-Unis (qui n’ont plus de slot SIM physique), c’est même la seule option.
L’eSIM facilite aussi la gestion multi-forfaits. Vous pouvez garder votre numéro principal chez un opérateur traditionnel et ajouter Public Mobile comme ligne secondaire pour profiter de la data abondante. Pratique pour séparer vie pro et perso, ou pour disposer d’un forfait de secours en voyage. Les iPad Pro et iPad Air récents avec connectivité cellulaire supportent également l’eSIM Public Mobile.
Répercussions sur le marché canadien
Cette opération de Public Mobile pourrait marquer un tournant psychologique. Pendant des années, les Canadiens ont accepté des tarifs élevés en se disant que c’était le prix à payer pour un vaste territoire peu dense. Cette promotion démontre qu’il est techniquement et économiquement possible de proposer des forfaits généreux à prix cassés. Les régulateurs canadiens observent attentivement : le CRTC (Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes) pousse depuis 2020 pour faire baisser les tarifs mobiles de 25 %.
Telus, en déployant cette stratégie via Public Mobile, teste peut-être les limites du marché. Si l’opération génère suffisamment de clients rentables, d’autres acteurs pourraient suivre. Déjà, certains analystes anticipent des contre-offensives de la part de Rogers (via Fido ou Chatr) ou de Bell (via Virgin Plus). La pression concurrentielle monte, et les consommateurs canadiens pourraient enfin voir une véritable guerre des prix s’installer durablement.
