Un téléphone à clapet jeté à la poubelle, un Mac qui ne recevra plus jamais de mise à jour, et une menace de procès qui plane sur Cupertino [web:1][web:4]. Neil Young, 79 ans, légende du folk-rock canadien, vient de transformer sa colère politique en boycott technologique [web:2]. Sa cible ? Apple et Verizon, accusés de graisser la patte du “régime fasciste de Trump” pendant que des citoyens américains tombent sous les balles dans les rues de Minneapolis [web:1][web:20].
⚡ L’essentiel à retenir
- Neil Young annonce le boycott d’Apple et Verizon suite à leur soutien financier à Donald Trump
- Tim Cook critiqué pour sa présence à l’avant-première du documentaire “Melania” à la Maison Blanche le 25 janvier 2026
- Le rockeur menace de poursuivre Apple si son ordinateur cesse de fonctionner sans les mises à jour
- Contexte explosif : deux citoyens américains tués par l’ICE à Minneapolis en janvier 2026
- 429 millions de dollars levés par Trump et ses alliés en 2025, largement soutenus par la Silicon Valley
Tim Cook à la Maison Blanche : la goutte d’eau
Le 25 janvier 2026, pendant qu’une tempête de neige paralysait Washington, Tim Cook sirotait du champagne à la Maison Blanche [web:12][web:18]. L’occasion ? Une projection VIP du documentaire “Melania”, financé à hauteur de 40 millions de dollars par Amazon [web:12]. Aux côtés du patron d’Apple : Jeff Bezos, Andy Jassy (PDG d’Amazon), Eric Yuan (Zoom) et Lisa Su (AMD) [web:12]. Un who’s who de la tech venue faire allégeance.
Pour Neil Young, c’en était trop [web:1]. “Tim Cook, le PDG, se plie en quatre pour soutenir le régime ! Il était à l’avant-première de Melania à la Maison Blanche l’autre soir, à faire de la lèche. Beurk ! Quel monde”, écrit-il sur son site Neil Young Archives [web:1][web:4]. Le musicien, connu pour ses prises de position radicales depuis les années 1970, ne mâche jamais ses mots. Cette fois, il passe à l’acte.
Un téléphone jeté, un Mac condamné
Neil Young possède un téléphone à clapet Verizon [web:1][web:5]. Pas un iPhone dernier cri, non. Un bon vieux flip phone, simple, fonctionnel. “Je ne peux pas utiliser un téléphone Verizon. Verizon soutient Trump, avec de gros dollars. Que puis-je faire ?”, s’interroge-t-il publiquement [web:1][web:7]. Sa solution ? Passer chez T-Mobile, qu’il croyait exempt de toute compromission politique. Sauf que T-Mobile aurait également contribué aux levées de fonds trumpistes [web:2]. Impasse.
Côté Apple, le divorce est tout aussi radical. “Je dois réévaluer tout ce que je fais. Je ne ferai plus de mises à jour. Cet argent va à Apple maintenant”, annonce Young [web:1][web:4]. Son ordinateur Mac ? Il continuera à l’utiliser — il est déjà payé — mais plus un centime ne sera versé à Cupertino [web:4]. Et si la machine plante sans les mises à jour obligatoires ? “Je poursuivrai Apple si mon ordinateur ne fonctionne pas sans la nouvelle mise à jour coûteuse”, prévient-il [web:1][web:5].
| Entreprise | Position de Neil Young | Actions concrètes |
|---|---|---|
| Verizon [web:1] | “Soutient Trump avec de gros dollars” | Abandon du téléphone à clapet, recherche d’alternative |
| Apple [web:1][web:4] | “Tim Cook se plie en quatre pour le régime” | Arrêt des mises à jour, menace de poursuite judiciaire |
| Amazon [web:4][web:6] | “Jeff Bezos soutient Trump” | Retrait de son catalogue musical d’Amazon Music (octobre 2025) |
| Meta [web:6] | “Utilisation de chatbots avec les enfants” | Suppression de ses comptes Facebook et Instagram (2025) |
Minneapolis saigne, la Silicon Valley paie
Pourquoi maintenant ? Pourquoi cette rage ? Parce que pendant que les PDG de la tech trinquent à la Maison Blanche, des Américains meurent dans les rues [web:1][web:20]. Le 7 janvier 2026, Renée Good, 37 ans, citoyenne américaine, est abattue par un agent de l’ICE (Immigration and Customs Enforcement) à Minneapolis [web:17][web:20]. Le 24 janvier, Alex Pretti subit le même sort [web:2][web:17][web:20]. Deux civils tombés sous les balles fédérales lors de l’opération “Metro Surge” visant théoriquement les sans-papiers [web:17].
“J’essaie de ne pas soutenir les entreprises qui soutiennent le régime avec d’énormes dons, juste pour couvrir leurs arrières, pendant que des gens se font tirer dessus dans les rues d’Amérique”, martèle Young [web:1][web:9]. Le gouverneur du Minnesota, Tim Walz, a qualifié ces tirs d'”atroces” et d'”inacceptables” [web:20]. La ville est en ébullition depuis des semaines, théâtre de manifestations contre la présence de l’ICE [web:20].
La tech au chevet de Trump : 429 millions de raisons
Les accusations de Neil Young ne sortent pas de nulle part. Selon le Financial Times, Donald Trump et ses alliés ont levé 429 millions de dollars de dons en 2025 [web:16][web:19]. Une somme historique, largement alimentée par les titans de la Silicon Valley [web:16]. Crypto.com a versé à lui seul 30 millions de dollars au comité Maga Inc [web:16]. Les frères Brockman ont lâché 25 millions combinés, Jeff Yass 16 millions, Marc Andreessen et Ben Horowitz 3 millions chacun [web:16].
Ces contributions ne sont pas philanthropiques. Elles visent à influencer la législation : cryptomonnaies, intelligence artificielle, régulation des géants du numérique [web:16]. Sous l’administration Trump, la SEC a clôturé plusieurs enquêtes sur des entreprises crypto, dont celle visant Crypto.com [web:16]. Les critiques dénoncent des “passe-droits” accordés aux donateurs généreux [web:16].
Quand Tim Cook discute “violence” avec Trump
Lors de la première officielle du documentaire “Melania” au Kennedy Center le 29 janvier, Donald Trump a révélé aux journalistes avoir eu une conversation avec Tim Cook au sujet de la violence à Minneapolis [web:15]. “Il aimerait voir la paix, mais je voudrais voir la paix”, a déclaré Trump de façon sibylline [web:15]. Dans un mémo interne envoyé aux employés d’Apple, Cook s’est dit “le cœur brisé” par la situation à Minneapolis et a qualifié son échange avec le président de “bonne conversation” [web:15].
Pour Neil Young, ces mots sonnent creux. “Que puis-je faire de l’argent que je te donne pour ma musique si cet argent va au régime qui autorise l’ICE à tuer deux Américains ? C’est ma responsabilité”, écrit-il en s’adressant directement à ses fans [web:2]. Le rockeur appelle ses lecteurs à contacter les PDG des 11 grandes entreprises tech (Amazon, Meta, United Airlines, AT&T, Home Depot, Verizon, Google, UPS, Dell, Apple) pour exprimer leur opposition aux “actions illégales de l’ICE” [web:4].
Un serial boycotteur cohérent
Neil Young n’est pas un novice du boycott digital. En 2022, il avait spectaculairement quitté Spotify pour protester contre la désinformation Covid propagée dans le podcast de Joe Rogan [web:21][web:23][web:24]. En 2016, il avait retiré sa musique de presque toutes les plateformes pour lancer son PonoPlayer, un lecteur haute-fidélité censé révolutionner l’écoute musicale [web:24]. Le projet avait fait un flop — l’iPhone l’avait même battu lors d’un test à l’aveugle [web:24].
Mais contrairement à ses croisades audio, celle-ci est profondément politique. Young ne parle pas de taux de compression ou de bitrate : il parle de citoyens abattus, de fascisme rampant, de responsabilité morale des consommateurs [web:1][web:2][web:9]. “Je dois réévaluer tout ce que je fais”, conclut-il dans son message [web:1][web:5]. Warner Brothers, son label historique qu’il qualifie de “grande entreprise”, pourrait être la prochaine cible [web:2][web:4][web:5].
Apple face à un dilemme d’image
Pour Apple, l’attaque arrive à un moment délicat. La marque à la pomme cultive depuis des décennies une image progressiste : soutien aux causes LGBTQ+, engagements environnementaux, publicités célébrant la diversité. Voir Tim Cook accusé publiquement de “se plier en quatre pour un régime fasciste” par une icône contre-culturelle, ça fait mal [web:1].
Ni Apple, ni Verizon, ni Warner Music Group n’ont répondu aux sollicitations de Billboard au moment de la publication des différents articles sur le sujet [web:2]. Le silence radio de Cupertino en dit long. Comment justifier la présence de son CEO à un événement mondain à la Maison Blanche quand des manifestants se font gazer dans les rues du Midwest ?
Le poids symbolique d’un vieux rockeur
Neil Young n’a plus 25 ans. Il ne vend plus de millions d’albums chaque année. Mais son poids symbolique reste colossal. Quand il quitte Spotify en 2022, plusieurs artistes le suivent [web:24]. Quand il dégaine sa plume, les médias du monde entier répercutent [web:1][web:2][web:4][web:9][web:10]. Son geste interpelle : où va l’argent que nous donnons aux géants de la tech ?
La question résonne avec force à l’heure où les GAFAM pèsent des milliers de milliards de dollars de capitalisation et influencent directement les politiques publiques [web:16][web:19]. L’utilisateur moyen d’iPhone finance-t-il involontairement un agenda politique qu’il réprouve ? C’est exactement ce que Young veut que son public se demande.
Et maintenant ?
Neil Young promet de tenir ses fans informés [web:2]. Son prochain album est en préparation [web:1]. Sera-t-il distribué via des circuits indépendants, hors des griffes des majors liées à la tech ? Le musicien a déjà évoqué un possible divorce avec Warner [web:2][web:4][web:5], pourtant son partenaire de longue date.
En attendant, son Mac tourne sans mise à jour, son téléphone à clapet Verizon est au placard, et Tim Cook n’a toujours pas réagi publiquement [web:1][web:5]. Le combat de Neil Young semble démesuré : un homme de 79 ans contre des empires à plusieurs trillions de dollars. Mais c’est précisément ce déséquilibre qui rend son geste si puissant. Parce qu’au fond, il pose la seule question qui compte : jusqu’où irez-vous pour rester cohérent avec vos valeurs ?
Dans un monde où chaque clic, chaque achat, chaque mise à jour alimente des machines opaques, Neil Young rappelle une vérité têtue : le boycott n’est pas qu’un symbole, c’est une arme. Reste à voir combien seront prêts à la dégainer avec lui.
