La faillite d’iRobot et son rachat par Picea Robotics dépassent le cas d’un robot aspirateur. Ils posent une question plus encombrante pour Apple Home : qui entretient l’écosystème quand l’effet nouveauté est passé?
Roomba change de main, le jardin prend la poussière
iRobot a fait faillite avant d’être racheté par Picea Robotics, une entreprise basée en Chine qui aidait déjà la marque sur ses Roomba récents. Picea possède aussi sa propre gamme de robots domestiques sous la marque 3i. Le nom Roomba ne disparaît donc pas, mais son avenir passe désormais par un nouveau propriétaire.
Cette opération ne prouve pas que le robot aspirateur est devenu inutile. La catégorie des robots tondeuses progresse, tandis que le Roborock Saros Z70 illustre la pression exercée par des appareils capables d’automatiser davantage de tâches domestiques. Pour une marque, le problème ne consiste plus uniquement à vendre un appareil. Il faut aussi maintenir l’application, les mises à jour et les services qui lui permettent de rester utile.
La marque historique conserve une forte reconnaissance, mais cet avantage ne suffit plus lorsque les concurrents avancent plus vite sur le matériel et le logiciel. Un nom connu ne paie pas la facture du support.
Le dossier Roomba rappelle donc une règle assez peu glamour de la maison connectée : la valeur d’un produit dépend aussi de ce qui continue à fonctionner après l’achat. Si l’application ralentit, si les fonctions disparaissent ou si les mises à jour s’arrêtent, le robot finit par prendre la poussière, même avec un joli logo sur le capot.
Matter ouvre la porte, pas le portefeuille
À la fin de 2025, Samsung a annoncé la prise en charge de Matter 1.5 pour les caméras, avec Aqara, Eve et Xthings parmi les partenaires annoncés. L’enjeu est concret : les caméras manipulent des images privées et doivent fonctionner avec plusieurs plateformes sans transformer chaque installation en parcours du combattant.
Matter peut limiter la dépendance à une application unique, mais la norme ne garantit ni la qualité de la détection, ni le stockage local des images, ni la durée du support logiciel. Une caméra compatible avec plusieurs écosystèmes peut toujours avoir une application médiocre ou un abonnement pénible. La norme ouvre la porte. Elle ne fait pas le ménage dans le salon.
Caméras sous surveillance, compatibilité sous condition
Les annonces attendues autour des serrures compatibles Aliro au CES 2026 suivent la même logique. L’interopérabilité facilite le choix d’une plateforme, mais les fabricants doivent encore financer les mises à jour et le service après-vente. C’est moins spectaculaire qu’un assistant dopé à l’intelligence artificielle, mais c’est ce qui décide souvent si un objet reste installé après six mois.
Apple Home cherche la sortie du jardin clos
La stratégie domestique d’Apple apparaît surtout dans les rumeurs autour d’un éventuel homeOS et d’une nouvelle génération d’Apple TV. Ces pistes suggèrent qu’Apple cherche encore un point d’entrée matériel plus évident pour la maison, mais elles ne constituent pas l’annonce d’un hub ou d’un écran commercialisé.
Un appareil central pourrait rendre Apple Home plus présent au quotidien. Apple devrait alors arbitrer entre son jardin closcohérent avec son écosystème, et une ouverture plus large aux standards comme Matter. Le premier choix protège l’expérience de la marque. Le second réduit les frictions au moment d’ajouter une caméra, une serrure ou un autre appareil compatible. Deux animations de keynote ne suffiront pas à régler ce compromis.
Un hub ne suffit pas à arroser le jardin
La chute de Roomba fournit un avertissement utile à Apple. Un écosystème domestique ne repose pas uniquement sur une marque connue et quelques appareils bien dessinés. Il faut aussi des partenaires capables de tenir dans la durée, des applications suivies et des fonctions qui ne vieillissent pas au prochain changement de système.
Le vrai risque pour Apple Home n’est pas de manquer un lancement, mais de promettre un jardin clos dont personne n’arrose les produits. Le fan absolu de la rédac peut bien réclamer un écran Apple dans chaque pièce : si les appareils existants finissent abandonnés, le hub ne fera que centraliser le problème.
CES 2026 : l’IA passe le balai, le SAV reste debout
Les annonces attendues au CES 2026 doivent prolonger trois tendances déjà visibles : davantage de produits compatibles avec Matterdavantage de serrures Aliro et davantage d’intelligence artificielle intégrée aux appareils. Le scénario est connu : assistant vocal, analyse automatique ou personnalisation ajoutés à des objets qui fonctionnaient déjà sans eux. Parfois, c’est utile. Parfois, c’est juste un bouton de plus dans une application déjà trop chargée.
LG a aussi annoncé un système de son surround modulaire fondé sur Dolby Flex Connect. Les enceintes peuvent être placées à différents endroits et calibrées automatiquement pour Dolby Atmos. Cet exemple montre l’intérêt concret d’une automatisation bien ciblée : réduire la configuration manuelle au lieu d’ajouter une promesse d’IA difficile à vérifier.
La question posée par iRobot concerne finalement toute la maison connectée : qui paie la maintenance quand l’effet nouveauté est passé? Un robot peut cartographier un logement, une caméra analyser des images et une serrure communiquer avec plusieurs plateformes. Si le service disparaît ou si une mise à jour casse une fonction, l’intelligence s’arrête net. Roomba a peut-être changé de propriétaire, mais la facture du logiciel reste bien posée sur la table.
Sources et références scientifiques
- Andrew O'Hara. The fall of Roomba, CES 2026 preview, & the best smart tech of 2025 on HomeKit Insider. 2025.
- The Best Smart Home Devices of 2025 & The Fall of Roomba – Smart Home Insider – Podcast – Podtail.
- The Best Smart Home Devices of 2025 & The Fall of Roomba – Smart Home Insider.






