Apple bouleverse sa chaîne d’approvisionnement. Après plus d’une décennie de fidélité absolue envers Sony, la firme de Cupertino confie pour la première fois la fabrication de capteurs photo d’iPhone à Samsung. Le lieu ? L’usine texane d’Austin. La cible ? L’iPhone 18. Cette décision, loin d’être anodine, marque un tournant stratégique majeur qui va bien au-delà d’un simple changement de fournisseur.
⚡ L’essentiel à retenir
- Samsung produira les capteurs photo de l’iPhone 18 dans son usine d’Austin, Texas
- Production lancée en mars 2026, avec un investissement de 19 milliards de dollars
- Technologie avancée trois couches pour de meilleures performances en basse lumière
- Fin du monopole Sony après plus de 10 ans de partenariat exclusif
- iPhone 18 Pro et Pro Max attendus en septembre 2026 avec ces nouveaux capteurs
Quand le Texas devient le cœur de l’innovation photo d’Apple
L’usine Samsung d’Austin n’est pas un site quelconque. Opérationnelle depuis 1996, cette installation a déjà absorbé plus de 40 milliards de dollars d’investissements cumulés. Aujourd’hui, Samsung y injecte 19 milliards supplémentaires pour transformer radicalement ses capacités de production. L’objectif ? Passer de la fabrication de puces logiques traditionnelles à la production de capteurs d’image CMOS de pointe.
Les travaux avancent à un rythme soutenu. Les canalisations pour le gaz et l’eau, indispensables aux machines de haute précision, sont en cours d’installation. Les salles blanches, ces environnements ultra-stériles où le nettoyage représente jusqu’à 40% du processus de fabrication, touchent à leur fin. Samsung recrute activement des chefs de projets mécaniques et électriques pour superviser ces nouvelles lignes d’assemblage. La production en série débutera en mars 2026, pile au bon moment pour équiper les premiers iPhone 18.
Une rupture historique avec Sony
Tim Cook lui-même avait rendu hommage à Sony lors d’une visite à l’usine de Kumamoto en décembre 2022. Le PDG d’Apple avait alors déclaré travailler avec le géant japonais depuis plus de dix ans pour créer les meilleurs capteurs au monde. Cette collaboration semblait gravée dans le marbre. Pourtant, l’accord signé avec Samsung en août 2025 change la donne.
Sony se voit ainsi privé d’une partie significative de ses volumes de commandes. Cette diversification ne résulte pas d’un mécontentement technique, mais d’une stratégie géopolitique assumée. Apple veut américaniser sa production, réduire sa dépendance envers l’Asie et sécuriser ses approvisionnements. Le contexte des tensions commerciales et des pénuries de semi-conducteurs qui ont paralysé l’industrie ces dernières années justifie amplement cette décision.
Une technologie de capteur empilé à trois couches
Les nouveaux capteurs Samsung ne seront pas de simples copies des composants Sony. Ils adopteront une architecture empilée à trois couches, une conception avancée qui optimise plusieurs paramètres critiques simultanément. Cette structure verticale permet d’empiler différentes fonctions sur des niveaux distincts, libérant de l’espace pour augmenter la densité de pixels tout en conservant une taille de capteur raisonnable.
Les bénéfices concrets ? Des performances accrues en faible luminosité, une plage dynamique étendue, une vitesse de lecture des données supérieure et une consommation électrique réduite. Ces améliorations techniques se traduiront par des photos nocturnes plus détaillées, moins de bruit numérique et une meilleure gestion des scènes à fort contraste. Les utilisateurs qui capturent régulièrement des vidéos 4K ou 8K apprécieront également la réduction de la surchauffe du capteur.
L’iPhone 18 : un lancement en deux temps inédit
Apple prépare une autre surprise. Contrairement à la tradition établie depuis la naissance de l’iPhone, la firme scinde le lancement de sa gamme 18 en deux phases distinctes. Septembre 2026 verra arriver les modèles premium : iPhone 18 Pro, iPhone 18 Pro Max et le très attendu iPhone pliable. Les versions standard, iPhone 18 et iPhone 18e, ne débarqueront qu’au printemps 2027, autour de mars.
Ce calendrier révisé s’aligne parfaitement avec le démarrage de la production des capteurs Samsung en mars 2026. Apple disposera ainsi de plusieurs mois pour constituer des stocks suffisants avant les annonces de septembre. Cette stratégie en deux temps permet également de maintenir l’attention médiatique sur deux périodes clés de l’année, maximisant l’exposition et étalant les revenus.
| Modèle | Date de sortie | Capteur photo | Fournisseur |
|---|---|---|---|
| iPhone 18 Pro | Septembre 2026 | Empilé 3 couches | Samsung (Austin, TX) |
| iPhone 18 Pro Max | Septembre 2026 | Empilé 3 couches | Samsung (Austin, TX) |
| iPhone pliable | Septembre 2026 | À confirmer | À confirmer |
| iPhone 18 | Mars 2027 | Standard | Sony/Samsung |
| iPhone 18e | Mars 2027 | Standard | Sony/Samsung |
Le pari du “Made in USA” version Apple
Cette relocalisation texane s’inscrit dans un mouvement plus large. Apple a annoncé un investissement colossal de 100 milliards de dollars dans la production américaine. L’entreprise multiplie les partenariats domestiques : TSMC en Arizona pour les puces A-series, Corning dans le Kentucky pour le verre de protection Ceramic Shield, Broadcom pour les composants RF, et désormais Samsung au Texas pour les capteurs photo.
Le gouvernement américain encourage fortement ces initiatives. Le Chips and Science Act offre des subventions massives et des réductions fiscales aux entreprises qui relocalisent la fabrication de semi-conducteurs. Samsung a d’ailleurs reçu 6,4 milliards de dollars de financement direct pour son nouveau pôle texan. Le conseil municipal d’Austin a également approuvé l’inclusion du site dans le “Texas Enterprise Project”, ouvrant droit à des rabais fiscaux étalés sur plusieurs années.
Et le capteur 200 mégapixels alors ?
Les rumeurs évoquaient l’arrivée imminente d’un capteur 200 MP sur iPhone, une résolution que Samsung maîtrise déjà sur ses Galaxy S. Mauvaise nouvelle pour les impatients : cette montée en résolution n’interviendra pas avant l’iPhone présenté en 2028. L’iPhone 18 conservera un capteur principal de 48 MP, comme les générations 15, 16 et 17.
Apple privilégie une approche progressive. Plutôt que de multiplier les mégapixels, l’entreprise mise sur l’optimisation de l’architecture du capteur, l’amélioration du traitement d’image et l’intégration de fonctionnalités comme l’ouverture variable sur les modèles Pro. Cette ouverture ajustable, comparable à celle d’un appareil photo reflex, permettra de contrôler la profondeur de champ et la quantité de lumière captée sans dépendre uniquement du traitement logiciel.
Les autres nouveautés photo de l’iPhone 18 Pro
Les capteurs Samsung ne seront pas la seule évolution photographique. La caméra frontale passera à 24 mégapixels, doublant la résolution actuelle de 12 MP. Cette amélioration profite directement aux utilisateurs de FaceTime, aux créateurs de contenu et aux amateurs de selfies nocturnes. La définition accrue facilite également le recadrage sans perte de qualité et améliore les portraits en mode nuit.
Le système Face ID pourrait migrer sous l’écran sur les modèles Pro Max, libérant de l’espace en façade. Seul un minuscule trou subsisterait pour la caméra selfie, offrant un design plus épuré. Cette évolution technique complexe nécessite des capteurs capables de fonctionner à travers les pixels de l’écran OLED, un défi que Samsung et LG maîtrisent progressivement sur leurs propres smartphones.
Quid de la diversification des autres composants ?
Apple ne s’arrête pas aux capteurs photo. La firme explore activement d’autres pistes de diversification pour réduire sa dépendance envers des fournisseurs uniques. Les composants LiDAR, actuellement fournis par Sony, font l’objet de discussions avec STMicroelectronics, basé aux Pays-Bas. Ces capteurs laser, essentiels pour la mesure de profondeur et la réalité augmentée, représentent un enjeu stratégique pour l’écosystème Vision Pro et les futures applications AR d’iOS.
Cette stratégie de diversification multiple les sources d’approvisionnement, réduit les risques de pénurie et renforce le pouvoir de négociation d’Apple face à ses partenaires. Elle répond également aux pressions politiques américaines visant à sécuriser les chaînes de valeur technologiques critiques face aux tensions géopolitiques croissantes.
Samsung gagne sur tous les tableaux
Pour Samsung, ce contrat représente bien plus qu’un simple flux de revenus supplémentaire. Le géant coréen équipe déjà ses propres Galaxy des meilleurs capteurs du marché. Fournir Apple lui permet de rentabiliser massivement ses investissements en R&D, d’amortir ses lignes de production sur des volumes colossaux et de démontrer la maturité de sa technologie à l’ensemble de l’industrie.
Les 19 milliards investis à Austin portent l’engagement total de Samsung aux États-Unis à plus de 47 milliards de dollars depuis 1978. L’entreprise emploie déjà plus de 20 000 personnes à travers le pays. L’expansion d’Austin créera directement plus de 2 000 emplois techniques hautement qualifiés et des milliers d’emplois indirects dans l’écosystème local. Samsung finance également un centre de compétences pour le district scolaire de Taylor, formant la future main-d’œuvre aux métiers des semi-conducteurs.
Un symbole de la réindustrialisation américaine
Au-delà des aspects techniques, cette collaboration Apple-Samsung au Texas symbolise la renaissance de l’industrie des semi-conducteurs américaine. Pendant des décennies, la production s’est massivement délocalisée en Asie, principalement à Taïwan, en Corée du Sud et en Chine. Les États-Unis conservaient la conception et l’innovation, mais avaient abandonné la fabrication.
Les pénuries de 2020-2022, aggravées par la pandémie et les tensions sino-américaines, ont exposé la vulnérabilité de cette dépendance. L’administration Biden, puis Trump après sa réélection, ont maintenu une pression constante pour rapatrier ces productions stratégiques. Le Texas, avec son climat favorable aux affaires, ses incitations fiscales généreuses et sa main-d’œuvre qualifiée, s’impose comme le nouveau hub des semi-conducteurs américains.
Et la concurrence ?
Les concurrents d’Apple observent attentivement cette évolution. Google équipe ses Pixel de capteurs Samsung depuis plusieurs générations déjà. Xiaomi, Oppo et Vivo utilisent également des composants du géant coréen sur leurs flagships. L’arrivée d’Apple dans ce club renforce la position dominante de Samsung sur le marché des capteurs haut de gamme, même si Sony conserve une avance technologique sur certains aspects comme la vitesse de lecture et l’autofocus prédictif.
Cette compétition pousse l’innovation. Sony a déjà annoncé des capteurs empilés de nouvelle génération avec lecture globale du shutter, éliminant l’effet rolling shutter qui déforme les objets en mouvement rapide. Samsung développe des capteurs intégrant directement des capacités de traitement IA au niveau matériel. Apple, fidèle à sa philosophie, mise sur l’intégration verticale du hardware et du software pour extraire le maximum de performances de capteurs aux spécifications apparemment modestes.






