Apple s’apprête à lancer son premier smartphone pliable à l’automne 2026, et tout indique qu’il ne ressemblera à aucun concurrent actuel. Oubliez les dimensions XXL des Galaxy Z Fold ou les formats hésitants de la concurrence chinoise. Cupertino a fait un choix radical : la compacité avant tout. Un pari audacieux dans un marché obsédé par toujours plus d’écran.
Les dernières fuites CAD et les sources de la chaîne d’approvisionnement révèlent des dimensions bien plus contenues qu’anticipé. Là où l’industrie s’attendait à voir Apple copier-coller le format Galaxy, la firme à la pomme semble avoir choisi une trajectoire différente. Une approche qui pourrait redéfinir ce qu’un pliable doit être : un outil quotidien, pas un manifeste technologique.
⚡ L’essentiel à retenir
- Écran externe : 5,38 à 5,49 pouces (plus petit que prévu)
- Écran interne : 7,58 à 7,76 pouces (format presque carré)
- Épaisseur : 9,6 mm plié / 4,8 mm déplié
- Prix estimé : 2 400 dollars
- Lancement : Automne 2026
- Format : Type “livre” (comme Galaxy Z Fold)
Des dimensions revues à la baisse : la stratégie du compromis intelligent
Les premières rumeurs évoquaient un monstre : écran externe de 5,5 pouces, déploiement jusqu’à 7,8 ou même 8 pouces une fois ouvert. Un format taillé pour concurrencer frontalement les Galaxy Z Fold de Samsung. Mais les derniers schémas CAD obtenus par les fabricants d’accessoires racontent une histoire différente.
L’écran externe mesurerait finalement 5,38 à 5,49 pouces, avec une résolution inhabituelle de 1 422 × 2 088 pixels. Déplié, l’appareil révèle un écran de 7,58 à 7,76 pouces selon les sources, soit légèrement moins que les 7,9 pouces attendus. La surface totale atteint 167,6 × 120,6 millimètres, créant un format presque carré qui rompt avec l’allongement classique des smartphones.
Cette réduction n’est pas un accident de parcours. Apple cherche manifestement à optimiser la prise en main et la portabilité. Avec 120,6 mm de hauteur et 83,8 mm de largeur une fois replié, l’iPhone Fold reste dans des proportions gérables pour une poche ou une utilisation à une main lors des interactions rapides sur l’écran externe.
| Appareil | Écran externe | Écran interne | Épaisseur plié |
|---|---|---|---|
| iPhone Fold (2026) | 5,38-5,49″ | 7,58-7,76″ | 9,6 mm |
| Samsung Galaxy Z Fold 7 | 6,5″ | 8,0″ | 8,9 mm |
| Honor Magic V5 | 6,43″ | 7,9″ | 9,9 mm |
La finesse déployée : une prouesse technique qui change tout
Une fois ouvert, l’iPhone Fold affiche une épaisseur de seulement 4,8 millimètres (hors module photo). C’est remarquable. Pour contextualiser, un iPhone 15 Pro standard mesure 8,25 mm d’épaisseur. Apple parvient donc à créer un appareil pliable qui, déployé, est plus fin qu’un smartphone classique actuel.
Cette finesse extrême pose des défis titanesques : intégrer batterie, système de refroidissement, antennes 5G et composants électroniques dans un espace aussi contraint relève de l’exploit d’ingénierie. La charnière représente à elle seule un casse-tête mécanique. Apple aurait développé un mécanisme propriétaire capable d’encaisser des dizaines de milliers de pliages tout en maintenant la rigidité structurelle.
Le format quasi-carré une fois déployé (rapport d’aspect inhabituel) suggère qu’Apple vise un usage tablette optimisé. Fini les bandes noires massives lors du visionnage de vidéos en mode paysage. Le multitâche à deux ou trois applications simultanées devient naturel, sans cette sensation d’étroitesse qui caractérise certains pliables concurrents.
L’écran chauffant : la réponse d’Apple au cauchemar du pli
Un brevet déposé par Apple en novembre dernier révèle une innovation cruciale : un système de chauffage intégré à l’écran. Cette technologie baptisée “Flexible Displays With Heating Elements” vise deux objectifs. Premièrement, atténuer voire éliminer le pli visible au centre de l’écran, talon d’Achille de tous les smartphones pliables actuels. Deuxièmement, permettre à l’appareil de fonctionner dans des conditions de froid extrême où les écrans OLED flexibles deviennent fragiles.
Le principe : des éléments chauffants microscopiques répartis stratégiquement sous la dalle OLED maintiennent une température optimale. Lorsque l’appareil est replié ou exposé à des températures basses, le système s’active automatiquement pour préserver l’intégrité de l’écran. Une solution typiquement Apple : invisible, automatisée, redoutablement efficace.
Cette approche pourrait enfin résoudre le problème esthétique et tactile qui freine l’adoption massive des pliables. Samsung, malgré sept générations de Galaxy Z Fold, n’a jamais éliminé complètement ce pli central. Si Apple y parvient dès la première itération, l’impact marketing sera dévastateur pour la concurrence.
Un positionnement prix assumé : 2 400 dollars pour un iPhone “Ultra”
Le cabinet d’analystes IDC estime le prix de vente de l’iPhone Fold à 2 400 dollars. Un tarif stratosphérique, trois fois supérieur à un iPhone standard. Mais cohérent avec le positionnement visé : un produit haut de gamme absolu, peut-être commercialisé sous l’appellation “iPhone Ultra” plutôt que “Fold”.
Cette stratégie tarifaire n’empêchera pas Apple de dominer le segment. IDC prévoit que Cupertino capturera 22 % des parts de marché en volume et 34 % en valeur dès la première année. L’écosystème Apple, la fidélité de sa base d’utilisateurs fortunés et le prestige de la marque justifient cette projection audacieuse.
Le marché des smartphones pliables devrait croître de 30 % en 2026, porté essentiellement par l’arrivée d’Apple. Les livraisons mondiales passeraient de 20,6 millions d’unités en 2025 à plus de 26 millions en 2026. L’iPhone Fold représenterait à lui seul une partie significative de cette croissance explosive.
Le calendrier : automne 2026, en remplacement de l’iPhone 18
Plusieurs sources concordantes indiquent un lancement à l’automne 2026, probablement en septembre lors du keynote annuel d’Apple. Certains leakers évoquent même l’hypothèse que l’iPhone Fold remplace l’iPhone 18 dans la gamme, plutôt que de s’y ajouter. Une stratégie qui éviterait la cannibalisation et positionnerait clairement le pliable comme le nouveau flagship de la marque.
Le projet porte le nom de code interne “V68” et serait actuellement en phase de validation technique et pré-production de masse. Les fournisseurs asiatiques d’écrans OLED pliables, notamment Samsung Display et LG Display, auraient commencé à produire des échantillons de validation. Les chaînes d’assemblage finales chez Foxconn et Pegatron entameraient leur montée en cadence au printemps 2026.
Format livre vs clapet : pourquoi Apple choisit la productivité
Apple aurait pu opter pour un format clapet (clamshell) à la Galaxy Z Flip, plus compact replié et moins coûteux à produire. La firme a tranché pour le format livre (book-style), privilégiant l’expérience tablette et la productivité. Ce choix reflète la vision d’Apple : un pliable doit apporter une vraie valeur d’usage, pas simplement un effet de mode nostalgique.
Le format livre permet le multitâche avancé, l’utilisation d’un Apple Pencil (rumeur non confirmée), le visionnage de contenus dans des conditions optimales et une surface de travail suffisante pour la bureautique mobile. C’est cohérent avec le positionnement premium et le prix demandé.
Mark Gurman de Bloomberg, source généralement fiable sur les projets Apple, confirme cette orientation. Selon lui, l’iPhone Fold vise à combler le fossé entre l’iPhone Pro Max et l’iPad mini, créant une catégorie intermédiaire inédite dans le portefeuille produits de Cupertino.
Les défis techniques restants : charnière, batterie et logiciel
Fabriquer un pliable Apple implique de résoudre plusieurs équations complexes. La charnière doit être imperceptible visuellement, silencieuse mécaniquement, résistante à l’usure et capable de maintenir l’écran parfaitement plat dans toutes les configurations. Apple aurait testé plusieurs designs pendant trois ans avant de valider l’architecture finale.
La batterie représente un autre casse-tête. Comment loger suffisamment de capacité dans un châssis aussi fin, tout en gérant deux écrans énergivores et un système de chauffage pour l’écran pliable ? Les rumeurs évoquent une batterie scindée en deux parties de part et d’autre de la charnière, avec un système de gestion énergétique ultra-optimisé.
Le logiciel constitue peut-être le défi le plus stratégique. iOS devra s’adapter nativement aux écrans pliables : gestion intelligente du basculement entre écrans, multitâche optimisé, applications tierces capables d’exploiter pleinement le format. Apple dispose d’un avantage colossal ici : le contrôle total de son écosystème matériel et logiciel.
| Innovation | Bénéfice utilisateur | Défi technique |
|---|---|---|
| Écran chauffant | Élimine le pli visible | Consommation énergétique |
| Format compact | Portabilité quotidienne | Compression des composants |
| Finesse déployée (4,8mm) | Élégance et légèreté | Rigidité structurelle |
| Format quasi-carré | Multitâche optimisé | Adaptation logicielle iOS |
Impact marché : la disruption Apple attendue depuis des années
Le segment des pliables stagne autour de 2 % des ventes totales de smartphones en Europe. L’arrivée d’Apple pourrait multiplier ce chiffre par cinq d’ici 2029 selon IDC. Le cabinet Mordor Intelligence prévoit que le marché mondial des pliables passera de 31,3 milliards de dollars en 2025 à 118,87 milliards en 2030, soit un taux de croissance annuel composé de 30,59 %.
Cette explosion s’explique par plusieurs facteurs. L’effet validation d’Apple : quand Cupertino entre sur un segment, il le légitime auprès du grand public. Le levier écosystème : des millions d’utilisateurs iPhone fidèles attendaient un pliable iOS pour franchir le pas. L’innovation tangible : si Apple élimine effectivement le pli et résout les problèmes de durabilité, les freins psychologiques tombent.
Samsung domine actuellement le marché avec environ 60 % de parts. L’iPhone Fold va rebattre les cartes. Huawei, avec son système HarmonyOS Next, représente une menace croissante en Asie. Honor, Oppo et Xiaomi multiplient les modèles innovants. Mais aucun ne possède l’aura, l’écosystème et la capacité de scaling d’Apple.
Pourquoi “compact” devient un argument de vente massif
Dans l’imaginaire collectif, pliable rime avec encombrement. Les premiers Galaxy Z Fold pesaient plus de 280 grammes et formaient une brique de 15 mm d’épaisseur une fois repliés. Impensable pour un usage quotidien. Apple inverse la logique : le pliable doit être aussi portable qu’un smartphone classique, tout en offrant la polyvalence d’une mini-tablette.
Cette compacité relative (9,6 mm plié, c’est moins que le Galaxy Z Fold Special Edition à 10,6 mm) transforme l’équation d’achat. Fini le dilemme “smartphone OU tablette” : l’iPhone Fold propose “smartphone ET tablette” dans un format qui tient dans une poche. C’est cette disparition de compromis qui pourrait déclencher l’adoption massive.
Les dimensions plus contenues facilitent la production, réduisent les coûts des écrans (surface moindre) et améliorent la robustesse mécanique. Moins de surface pliable signifie moins de points de contrainte matérielle. Apple n’a pas réduit les dimensions par contrainte : c’est un choix délibéré, fruit d’années d’études utilisateurs et de prototypages.
Le positionnement stratégique : remplacer ou compléter l’iPhone 18 ?
Une question taraude les observateurs : l’iPhone Fold s’ajoutera-t-il à la gamme existante (iPhone 18, 18 Pro, 18 Pro Max, Fold) ou remplacera-t-il l’iPhone 18 standard dans le lineup ? Certaines rumeurs penchent pour la seconde hypothèse. Apple simplifierait ainsi son portefeuille : iPhone 18 Pro, 18 Pro Max et iPhone Fold au sommet.
Cette stratégie présente plusieurs avantages. Éviter la cannibalisation entre modèles haut de gamme. Positionner clairement le Fold comme le nouveau fer de lance technologique. Maintenir un écart de prix cohérent entre les différents niveaux de gamme. Créer un effet de rareté et d’exclusivité autour du pliable.
Apple pourrait également introduire des exclusivités logicielles réservées à l’iPhone Fold : fonctionnalités IA avancées exploitant le grand écran, modes de productivité inédits, intégration poussée avec l’écosystème iPad. Une manière de justifier le premium tarifaire et de différencier clairement le produit.
Les zones d’ombre : autonomie, durabilité et réparabilité
Malgré l’enthousiasme, des interrogations persistent. L’autonomie d’un appareil équipé de deux écrans, d’un système de chauffage et d’une batterie comprimée dans un châssis ultra-fin inquiète. Apple devra prouver qu’une journée d’utilisation intensive reste tenable. Le recours à des puces gravées en 2 nm (A20 Bionic ?) et à des optimisations logicielles poussées sera crucial.
La durabilité des écrans pliables reste un sujet sensible. Même si Apple promet 200 000 cycles de pliage (soit 10 ans à 50 pliages quotidiens), les conditions réelles d’utilisation sont impitoyables : poussière, chocs, rayures. Le verre ultra-fin nécessaire pour plier reste intrinsèquement plus fragile qu’un écran classique protégé par du Ceramic Shield.
La réparabilité représente un enjeu majeur face aux nouvelles réglementations européennes. Remplacer un écran pliable coûtera probablement plusieurs centaines d’euros. Apple devra proposer des programmes AppleCare adaptés et des solutions de réparation accessibles pour ne pas transformer chaque incident en catastrophe financière pour l’utilisateur.
L’iPhone pliable d’Apple cristallise des années de recherche, d’hésitations et de perfectionnement. En choisissant un format plus compact que prévu, Cupertino ne recule pas devant la concurrence : la marque redéfinit les règles du jeu. L’obsession de la portabilité, combinée à des innovations comme l’écran chauffant et une finesse record, pourrait transformer un segment jusqu’ici confidentiel en nouvelle norme du haut de gamme mobile. Rendez-vous à l’automne 2026 pour découvrir si Apple parvient à faire du pliable ce que l’entreprise a fait de la tablette tactile en 2010 : une évidence.






