Le 7 janvier 2026, Apple et JPMorgan Chase ont scellé une alliance qui va transformer l’avenir de la carte bancaire la plus emblématique de l’écosystème Apple [web:1][web:19]. Goldman Sachs, partenaire historique depuis le lancement en 2019, passe la main au géant bancaire américain dans un accord à 20 milliards de dollars [web:8][web:18]. Cette annonce met fin à une relation tumultueuse marquée par des pertes financières colossales et des désaccords opérationnels profonds [web:14]. Pour les millions d’utilisateurs d’Apple Card, cette transition qui s’étalera sur 24 mois promet stabilité et continuité, mais soulève également des interrogations sur l’avenir des avantages actuels [web:17][web:19].
⚡ L’essentiel à retenir
- JPMorgan Chase devient le nouvel émetteur de l’Apple Card avec une transition prévue sur 24 mois environ
- Goldman Sachs transfère 20 milliards de dollars d’encours avec une décote de plus d’un milliard [web:16][web:18]
- Les avantages actuels sont maintenus : jusqu’à 3% de cashback, aucun frais, réseau Mastercard [web:17][web:19]
- Les utilisateurs n’ont pas à candidater à nouveau, la transition sera automatique [web:17]
- JPMorgan provisionne déjà 2,2 milliards de dollars pour anticiper les pertes potentielles [web:22]
Quand un mariage technologique devient un divorce financier
L’histoire entre Apple et Goldman Sachs ressemble à un conte moderne qui aurait mal tourné [web:14]. En 2019, l’Apple Card débarquait avec des promesses séduisantes : zéro frais, interface ultra-intuitive dans l’app Wallet, carte physique en titane gravée au laser [web:11][web:15]. Goldman Sachs voyait là une porte d’entrée vers le marché grand public, un territoire qu’elle convoitait depuis longtemps [web:13]. Apple, elle, voulait tisser encore plus solidement son écosystème autour des services financiers [web:15].
Mais la réalité a été brutale. Entre 2020 et 2022, la division Platform Solutions de Goldman Sachs a accumulé près de 4 milliards de dollars de pertes, dont une partie significative est directement attribuable à l’Apple Card [web:11][web:13]. Les coûts d’acquisition client, les taux de défaut plus élevés que prévu, et les exigences opérationnelles imposées par Apple ont transformé ce partenariat en gouffre financier [web:15]. Goldman a fini par lever le drapeau blanc, cherchant activement une porte de sortie dès 2023 [web:5][web:6].
JPMorgan Chase : le sauveur ou l’opportuniste ?
JPMorgan Chase n’est pas arrivé par hasard dans cette équation [web:8]. La plus grande banque américaine négocie avec Apple depuis plus d’un an, ayant rapidement distancé d’autres prétendants comme American Express, Capital One ou Synchrony Financial [web:10][web:23]. Pour Jamie Dimon, PDG de JPMorgan, ce rachat représente bien plus qu’une simple acquisition de portefeuille [web:16].
L’accord donne à JPMorgan l’accès direct à environ 12 millions d’utilisateurs Apple Card, une clientèle haut de gamme avec un pouvoir d’achat supérieur à la moyenne [web:23][web:8]. Cette transaction consolide la position déjà dominante de la banque sur le marché américain des cartes de crédit, où son portefeuille total atteindra désormais 255 milliards de dollars [web:10]. Mais l’opération comporte des risques : JPMorgan a immédiatement provisionné 2,2 milliards de dollars au quatrième trimestre 2025 pour absorber d’éventuelles pertes futures [web:22].
| Critère | Goldman Sachs (2019-2026) | JPMorgan Chase (2026+) |
|---|---|---|
| Expérience bancaire grand public | Limitée, focus banque d’investissement [web:13] | Leader historique avec infrastructure massive [web:10] |
| Pertes financières cumulées | ≈ 4 milliards $ (2020-2022) [web:11][web:13] | Provisionnement de 2,2 milliards $ anticipé [web:22] |
| Prix de rachat du portefeuille | – | 20 milliards $ avec décote de 1+ milliard $ [web:16][web:18] |
| Stratégie de sortie | Abandon progressif du secteur grand public [web:2] | Expansion agressive du portefeuille cartes [web:8] |
| Compte épargne associé | Taux d’intérêt élevé proposé [web:5] | Nouvelle version prévue, choix pour les clients existants [web:6][web:17] |
Ce qui change (ou pas) pour les utilisateurs
Apple a rapidement publié une FAQ rassurante pour calmer les inquiétudes de sa communauté [web:5][web:17]. La transition technique se fera sans friction apparente : les utilisateurs actuels conservent automatiquement leur Apple Card, leurs historiques de paiement, leurs limites de crédit et leurs récompenses Daily Cash [web:17]. Le réseau Mastercard reste en place, garantissant l’acceptation mondiale [web:7][web:19].
Les avantages phares demeurent inchangés selon Apple : jusqu’à 3% de cashback illimité sur tous les achats, absence totale de frais (annuels, retards, transactions internationales), et l’intégration native dans l’écosystème iOS via l’app Wallet [web:17][web:19]. Les paiements échelonnés Apple Card Monthly Installments pour l’achat d’appareils Apple continueront également [web:17].
Mais une zone d’ombre persiste autour du compte épargne Apple Savings [web:6][web:17]. JPMorgan prévoit de lancer sa propre version, mais les détenteurs actuels d’un compte chez Goldman Sachs devront choisir activement entre conserver leur compte existant ou basculer vers la nouvelle offre Chase [web:6][web:16]. Cette décision pourrait avoir des implications sur les taux d’intérêt proposés, même si aucun détail n’a encore été communiqué [web:17].
Les coulisses d’un accord à 20 milliards
Les négociations ont duré plus d’un an, avec des discussions parfois tendues sur le prix de rachat [web:5][web:23]. JPMorgan a finalement obtenu une décote substantielle : elle acquiert le portefeuille d’environ 20 milliards de dollars avec une réduction de plus d’un milliard de dollars [web:16][web:18]. Cette ristourne reflète les risques perçus par la banque, notamment une proportion de clients à crédit risqué et des conditions commerciales potentiellement coûteuses héritées de l’accord initial [web:23].
Le timing de l’annonce, début janvier 2026, n’est pas anodin [web:1][web:19]. Il coïncide avec la publication des résultats trimestriels de JPMorgan, qui ont immédiatement subi l’impact de cette acquisition : le bénéfice net a chuté de 7% au quatrième trimestre 2025, en partie à cause de la charge exceptionnelle de 2,2 milliards de dollars provisionnée pour ce dossier [web:22]. Les investisseurs ont réagi avec prudence, le titre JPMorgan reculant dans les jours suivant l’annonce [web:20][web:22].
Un pari sur l’avenir des paiements mobiles
Au-delà des chiffres bruts, ce transfert symbolise une conviction profonde : les paiements migrent massivement vers les smartphones et montres connectées [web:6]. Apple Pay s’impose comme infrastructure incontournable, et contrôler l’émission de l’Apple Card offre à JPMorgan une position privilégiée dans cet écosystème [web:8]. La banque pourrait exploiter cette base client pour développer de nouveaux services financiers intégrés, peut-être même des innovations combinant intelligence artificielle et analyse prédictive des dépenses [web:8].
Pour Apple, s’associer à JPMorgan signifie s’adosser à une institution disposant d’une infrastructure grand public tentaculaire, capable de soutenir le financement et la distribution de ses produits à grande échelle [web:6]. Ce rapprochement intervient alors qu’Apple cherche à diversifier ses revenus en développant sa branche services, dont les produits financiers constituent un pilier stratégique [web:15].
Pourquoi Goldman Sachs a-t-elle échoué ?
L’échec de Goldman Sachs avec l’Apple Card n’est pas simplement financier, il est également culturel et opérationnel [web:14]. La banque d’investissement manquait cruellement d’expérience dans la gestion de millions de clients particuliers avec leurs réclamations, leurs questions, et leurs attentes élevées en matière de service client [web:14][web:15]. Apple, habituée à des taux de satisfaction client stratosphériques, s’est rapidement heurtée aux limites de son partenaire [web:14].
Les coûts d’exploitation se sont révélés bien supérieurs aux prévisions initiales [web:15]. Goldman a dû investir massivement dans des infrastructures techniques, des centres d’appels, et des systèmes de conformité réglementaire pour lesquels elle n’avait aucune expertise préalable [web:13][web:15]. Parallèlement, les provisions pour créances douteuses ont explosé, reflétant un modèle de risque mal calibré dès le départ [web:11][web:13].
Cette débâcle a finalement convaincu la direction de Goldman Sachs de se retirer complètement du secteur bancaire grand public, marquant la fin d’une ambition qui aura coûté plusieurs milliards à l’institution [web:2][web:12]. L’accord avec JPMorgan permet à Goldman de tourner la page, même si la décote appliquée constitue un aveu d’échec cuisant [web:16][web:18].
Les zones d’ombre qui subsistent
Malgré les déclarations rassurantes, plusieurs questions demeurent sans réponse claire. JPMorgan va-t-elle maintenir l’Apple Card comme produit totalement distinct de son portefeuille existant, ou tentera-t-elle progressivement de l’intégrer à son programme Ultimate Rewards [web:24] ? Une fusion pourrait offrir de nouvelles opportunités (transferts de points, synergies avec d’autres cartes Chase), mais risquerait aussi de diluer l’identité unique de l’Apple Card [web:24].
Les modalités exactes du compte épargne restent floues [web:17]. Goldman Sachs proposait des taux parmi les plus compétitifs du marché pour attirer les dépôts. JPMorgan, qui dispose déjà d’une large base de dépôts, aura-t-elle la même motivation pour maintenir des taux élevés [web:6][web:17] ? Les utilisateurs actuels surveilleront attentivement ce point lors de la transition.
Autre interrogation : le calendrier exact. Apple annonce une transition sur environ 24 mois [web:1][web:7][web:19], mais ce type d’opération comporte toujours des imprévus techniques et réglementaires. Les approbations des autorités financières américaines sont nécessaires, et tout retard pourrait prolonger la période d’incertitude [web:7].
Un coup de maître pour JPMorgan ?
Jamie Dimon a récemment déclaré que les géants technologiques représentent désormais des concurrents directs pour les banques traditionnelles [web:23]. En reprenant l’Apple Card, JPMorgan transforme une menace potentielle en opportunité stratégique : plutôt que de combattre Apple, elle s’allie à elle [web:23]. Cette logique pragmatique pourrait inspirer d’autres acteurs bancaires à rechercher des partenariats similaires avec les GAFAM.
L’exposition médiatique est colossale. Chaque transaction Apple Card affichera désormais la marque Chase dans l’app Wallet de millions d’utilisateurs fidèles à l’écosystème Apple [web:23]. Ce placement publicitaire permanent, obtenu à un coût relativement maîtrisé (grâce à la décote négociée), pourrait s’avérer être l’un des meilleurs investissements marketing de la décennie pour JPMorgan [web:23].
Mais le pari n’est pas sans risque. Si JPMorgan ne parvient pas à gérer efficacement ce portefeuille ou si elle déçoit les utilisateurs Apple par un service client inférieur, la réputation de la banque pourrait en souffrir [web:22]. Les 2,2 milliards provisionnés témoignent d’une prudence réelle face aux incertitudes [web:22]. Le succès de cette opération se mesurera sur plusieurs années, pas sur quelques trimestres.
Et maintenant, que faire si vous avez une Apple Card ?
Pour l’instant : rien. Apple et JPMorgan insistent toutes deux sur la continuité totale du service pendant la période de transition [web:17][web:19]. Continuez à utiliser votre carte normalement, payez vos soldes comme d’habitude, et accumulez votre Daily Cash [web:17]. Les changements interviendront progressivement, et vous serez notifié bien à l’avance via l’app Wallet [web:17].
Surveillez néanmoins les communications concernant le compte épargne si vous en possédez un [web:17]. Vous devrez probablement faire un choix explicite entre conserver votre compte chez Goldman Sachs ou migrer vers la nouvelle offre JPMorgan [web:6][web:16]. Comparez attentivement les taux d’intérêt proposés avant de décider.
Si vous envisagiez de demander une Apple Card prochainement, sachez que JPMorgan applique des critères d’approbation généralement plus stricts que Goldman Sachs [web:25]. La banque privilégie les profils avec un historique de crédit solide et une utilisation responsable des cartes existantes [web:25]. Les conditions pourraient donc être légèrement différentes pour les nouveaux demandeurs une fois la transition achevée.
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