Combien de fois vous a-t-on seriné qu’Apple n’avait plus rien à prouver, qu’elle était trop massive pour surprendre, trop installée pour s’imposer encore ? 2026 brise ce récit avec fracas. Le géant de Cupertino s’apprête à retrouver une croissance à deux chiffres de ses revenus, un exploit qu’il n’avait plus réalisé depuis plusieurs années. Tim Cook l’a dit crûment : le trimestre de décembre marquera le meilleur trimestre de l’histoire de l’entreprise. Face à cette dynamique, les analystes replongent dans leurs modèles et revoient leurs prix cibles à la hausse. Wall Street ne s’y trompe pas : l’action Apple devient l’une des opportunités les plus séduisantes du marché.
⚡ L’essentiel à retenir
- Croissance anticipée : Apple prévoit une hausse de revenus entre 10% et 12% au trimestre de décembre 2026, avec un retour à une croissance à deux chiffres sur l’année fiscale complète
- Revenus 2026 : Les analystes tablent sur 464 milliards de dollars, soit une progression de 11,54% par rapport à 2025
- Services en fusée : Ce segment atteint 108,6 milliards de dollars avec des marges brutes de 75%, dépassant le chiffre d’affaires de Disney ou Tesla
- Prix cible relevé : Dan Ives (Wedbush) passe de 320$ à 350$, Citi augmente à 330$
- L’IA comme catalyseur : Refonte majeure de Siri prévue au printemps 2026 avec intégration de Google Gemini
Le triomphe silencieux d’une stratégie prudente
Pendant que Meta, Google et OpenAI engloutissaient des centaines de milliards dans des fermes de serveurs pharaoniques pour entraîner des modèles d’IA toujours plus gourmands, Apple observait. La firme à la pomme a choisi une voie différente, presque iconoclaste dans le climat actuel : ne pas participer à la course aux armements technologiques. Cette retenue, perçue comme un retard par certains, se révèle aujourd’hui d’une clairvoyance redoutable. Apple dispose d’une trésorerie solide, évite les écueils d’une éventuelle bulle spéculative sur l’IA, et concentre ses efforts là où elle excelle : l’intégration fluide de technologies matures dans son écosystème.
Les chiffres du quatrième trimestre fiscal 2025 parlent d’eux-mêmes. 102,5 milliards de dollars de revenus, une croissance de 8% sur un an, portée par des ventes d’iPhone qui remontent et surtout, un segment Services qui explose. Ce dernier affiche 28,75 milliards de dollars au dernier trimestre avec une progression de 15% et des marges brutes atteignant 75,3%. Pour contextualiser cette performance : à elle seule, l’activité Services d’Apple génère plus de revenus annuels que Disney ou Tesla dans leur intégralité.
Des revenus en forte accélération sur tous les fronts
Le CFO Kevan Parekh ne cache pas son enthousiasme. Il anticipe une augmentation des revenus entre 10% et 12% pour le trimestre de décembre, avec une croissance à deux chiffres des ventes d’iPhone. Cette dynamique marque un tournant radical après plusieurs années de stagnation relative. Les modèles iPhone 16 et les futures itérations iPhone 17 bénéficient d’un cycle de renouvellement massif : des millions d’utilisateurs possédant encore des iPhone 12 ou 13 entrent dans leur fenêtre d’upgrade naturelle.
Mais l’histoire ne se résume pas à l’iPhone. Apple a construit une machine à revenus récurrents qui dépasse désormais les 108 milliards de dollars annuels. App Store, iCloud, Apple Music, Apple TV+, Apple Arcade, AppleCare, Apple Pay : chacune de ces briques génère des flux prévisibles et stables. Sans oublier l’accord avec Google, estimé à plusieurs milliards de dollars, qui fait du moteur de recherche le choix par défaut sur tous les appareils Apple. Selon JPMorgan, les Services pourraient représenter un quart du chiffre d’affaires total mais jusqu’à 50% des bénéfices de l’entreprise.
| Indicateur | 2025 Fiscal | 2026 Fiscal (estimé) | Évolution |
|---|---|---|---|
| Revenus totaux | 416,2 Mds $ | 464,2 Mds $ | +11,54% |
| Revenus Services | 108,6 Mds $ | ~125 Mds $ | +15% |
| Marge brute Services | 75,3% | 76,5% | +1,2 pts |
| Bénéfice net | 112 Mds $ | 124,5 Mds $ | +11,13% |
| Cours de l’action | ~245$ | 278$ (février 2026) | +13,5% |
L’intelligence artificielle version Apple : discrète mais décisive
Apple n’a jamais été du genre à fanfaronner. Quand OpenAI présentait ChatGPT comme une révolution, quand Google multipliait les annonces fracassantes autour de Gemini, Apple affinait Apple Intelligence dans le plus grand secret. Le grand public découvrira le fruit de ce travail au printemps 2026 avec iOS 26.4 et la refonte complète de Siri. L’assistant vocal, longtemps moqué pour ses lacunes, promet de devenir réellement conversationnel, capable de gérer des tâches en plusieurs étapes et surtout, véritablement utile au quotidien.
Le coup de maître stratégique ? L’intégration de Google Gemini pour alimenter les fonctionnalités avancées. Apple ne cherche pas à réinventer la roue ni à développer coûte que coûte un modèle de langage propriétaire géant. La firme considère que les grands modèles deviennent des commodités, interchangeables et disponibles via API. L’enjeu réside ailleurs : dans l’expérience utilisateur, la fluidité d’intégration, la protection de la vie privée. Dan Ives, analyste chez Wedbush, décrit ce partenariat avec Google comme un moment de vérité qui pourrait changer la donne pour les deux géants technologiques.
Siri 2.0 : la renaissance tant attendue
Les attentes autour de la nouvelle version de Siri sont démesurées. Apple joue gros. Si l’assistant échoue à convaincre, c’est toute la crédibilité de sa stratégie IA qui vacillera. Mais si Siri parvient à offrir une expérience supérieure à Alexa, Google Assistant et autres ChatGPT intégrés, Apple disposera d’un avantage compétitif majeur sur ses 2,35 milliards d’appareils actifs. L’enjeu dépasse la simple fonctionnalité : il s’agit de capter l’attention, de devenir le point d’entrée naturel pour toutes les interactions avec l’écosystème Apple.
Cette refonte arrive au moment parfait. Les utilisateurs commencent à se lasser des assistants bavards mais peu efficaces. Ils veulent de la précision, de la rapidité, de la fiabilité. Apple Intelligence pourrait incarner cette nouvelle génération, celle qui ne cherche pas à impressionner par des prouesses techniques mais à se rendre indispensable par sa pertinence.
Les analystes relèvent leurs prévisions avec conviction
Quand Dan Ives augmente son prix cible de 320$ à 350$, ce n’est pas un geste anodin. L’analyste de Wedbush, réputé pour sa connaissance approfondie d’Apple, affirme sans détour que 2026 sera l’année où Apple entrera véritablement dans la révolution IA. Il observe également des tendances positives sur les ventes d’iPhone 17 en approche de fin d’année, y compris sur le marché chinois, traditionnellement plus volatil.
Atif Malik chez Citi partage cet optimisme. Il porte son objectif de cours de 315$ à 330$, maintenant une recommandation d’achat franche. Malik mise sur le cycle de renouvellement massif des utilisateurs d’iPhone 12 et 13, un phénomène qui s’étale sur plusieurs trimestres et garantit une visibilité commerciale rare dans l’industrie tech. Avec un PER (ratio cours/bénéfice) autour de 31 fois les bénéfices attendus pour 2026, la valorisation reste raisonnable, alignée sur sa moyenne historique à cinq ans.
Une action qui surperforme son secteur
Sur les six derniers mois, Apple a surperformé la majorité des valeurs technologiques, y compris celles estampillées “IA pure”. Depuis novembre 2022, les actions liées à l’intelligence artificielle ont contribué à 75% des gains du marché, mais Apple a su tirer son épingle du jeu sans verser dans la spéculation effrénée. Le titre affiche une progression de 13,5% depuis le début de l’année fiscale 2026, s’échangeant actuellement autour de 278$ début février.
Les projections à moyen terme tablent sur 312$ fin 2026, voire 417$ fin 2027 selon certains analystes optimistes. Ces prévisions reposent sur plusieurs piliers : l’innovation constante, l’intégration réussie de l’IA, la montée en puissance des Services, et la capacité d’Apple à générer du cash-flow de manière exponentielle. La firme a versé 106 milliards de dollars aux actionnaires en 2025 via rachats d’actions et dividendes, tout en maintenant une trésorerie colossale.
La Chine reste une équation complexe
Tout n’est pas rose dans l’empire Apple. Le marché chinois a reculé de 4% au quatrième trimestre fiscal 2025, une baisse qui inquiète. La concurrence locale s’intensifie avec Huawei, Xiaomi et autres acteurs nationaux qui gagnent en sophistication et en attractivité. Les tensions géopolitiques pèsent également, même si Tim Cook parvient jusqu’à présent à naviguer entre les écueils diplomatiques avec une habileté remarquable.
Pourtant, les signaux récents laissent entrevoir un rebond. Les précommandes d’iPhone 16 ont dépassé les attentes dans plusieurs provinces chinoises. Apple investit massivement dans ses Apple Stores locaux et renforce ses partenariats avec les fournisseurs régionaux. La stratégie consiste à ancrer profondément la marque dans le paysage chinois, au-delà des simples ventes de produits. Les analystes de Morningstar soulignent qu’Apple bénéficie d’un “fossé économique large”, notamment grâce à son écosystème fermé qui rend le changement de marque difficile, même face à une concurrence agressive.
Pourquoi l’action Apple devient incontournable maintenant
Investir dans Apple aujourd’hui, c’est miser sur plusieurs convictions simultanées. D’abord, la capacité de l’entreprise à générer des marges exceptionnelles sur ses Services tout en maintenant des volumes d’iPhone impressionnants. Le segment matériel représente environ 50% des revenus avec des marges de 40%, tandis que les Services pèsent 25% des ventes mais contribuent potentiellement à la moitié des profits grâce à leurs marges de 75%.
Cette dualité offre une stabilité rare. Quand l’iPhone faiblit, les Services compensent. Quand l’iPhone cartonne, les deux moteurs rugissent ensemble. Apple a construit un modèle économique antifragile, résilient face aux chocs sectoriels. La diversification géographique, même avec les défis chinois, garantit une exposition mondiale équilibrée.
Le pari de l’écosystème fermé
L’un des actifs les plus sous-estimés d’Apple reste son écosystème verrouillé. Une fois qu’un utilisateur possède un iPhone, un MacBook et des AirPods, la probabilité qu’il migre vers Android ou Windows chute drastiquement. Cette fidélité n’est pas contrainte mais cultivée par une expérience utilisateur sans couture, où chaque appareil communique naturellement avec les autres. iMessage, AirDrop, Handoff, iCloud : autant de fils invisibles qui tissent une toile de dépendance douce mais terriblement efficace.
Les 2,35 milliards d’appareils actifs dans le monde constituent une base installée monumentale. Chaque nouveau service lancé, chaque fonctionnalité ajoutée bénéficie instantanément d’une audience massive et captive. Apple peut monétiser cette base de multiples façons : abonnements, commissions sur l’App Store, ventes d’accessoires, services financiers avec Apple Pay et Apple Card. La valeur vie client (Customer Lifetime Value) explose littéralement, justifiant amplement les multiples de valorisation actuels.
Les risques à ne pas négliger
Aucun investissement n’est exempt de dangers. Apple fait face à plusieurs défis structurels. La dépendance à l’iPhone demeure préoccupante : malgré la diversification, ce produit représente encore la moitié des revenus. Un faux pas sur une génération d’iPhone, un problème qualité majeur, et c’est toute la dynamique qui s’enraye.
La régulation antitrust monte en puissance. L’Union européenne scrute de près les pratiques de l’App Store et les règles imposées aux développeurs. Des amendes colossales ou des modifications forcées du modèle économique pourraient impacter significativement les marges des Services. Aux États-Unis également, Apple n’échappe pas aux investigations sur les positions dominantes.
Le risque IA ne doit pas être sous-estimé. Si la refonte de Siri déçoit, si Apple Intelligence ne parvient pas à convaincre, la narrative de croissance s’effondrera partiellement. Les investisseurs ont intégré dans leurs modèles une réussite de la stratégie IA. Toute déconvenue se traduira par une sanction boursière immédiate et brutale.
Autre épée de Damoclès : l’accord avec Google. Ce contrat, qui rapporte plusieurs milliards annuels, fait l’objet d’un procès antitrust aux États-Unis. Si les autorités contraignent Apple à modifier cet arrangement, c’est une source de revenus importante qui s’évapore instantanément. Certes, Apple pourrait développer son propre moteur de recherche, mais cela nécessiterait des investissements massifs sans garantie de succès.
Le verdict des marchés : acheter et conserver
Malgré ces zones d’ombre, le consensus des analystes penche résolument vers une recommandation d’achat. Sur les 52 analystes suivant le titre, 38 recommandent l’achat, 12 suggèrent de conserver, et seulement 2 conseillent la vente. Le prix cible médian s’établit à 325$, soit un potentiel de hausse d’environ 17% par rapport aux niveaux actuels.
Les investisseurs de long terme trouveront dans Apple une pierre angulaire idéale pour un portefeuille équilibré. La société verse un dividende modeste (environ 0,7% de rendement annuel) mais en augmentation régulière, et surtout, elle rachète massivement ses propres actions, réduisant le nombre de titres en circulation et augmentant mécaniquement le bénéfice par action. Cette politique de retour aux actionnaires, couplée à la croissance organique attendue, dessine un tableau séduisant pour les années à venir.
Pour ceux qui recherchent une exposition au secteur technologique sans la volatilité extrême des valeurs spéculatives, Apple offre un équilibre remarquable. Vous achetez une entreprise rentable, cash-positive, innovante, avec une marque iconique et une base de clients loyaux. Peu de sociétés cochent autant de cases simultanément.






