Vingt-sept ans. C’est le temps qu’il a fallu à Jeff Williams pour façonner Apple de l’intérieur, superviser l’Apple Watch, orchestrer la plus grande chaîne d’approvisionnement mondiale, et devenir le bras droit indispensable de Tim Cook. Quelques mois seulement après avoir tiré sa révérence à Cupertino en juillet 2025, voilà que l’ancien Chief Operating Officer refait surface. Mais cette fois, c’est sous les projecteurs de Disney, au sein même de son conseil d’administration. Une nomination qui n’a rien d’anodin et qui révèle bien plus qu’un simple passage de relais entre deux géants.
⚡ L’essentiel à retenir
- Jeff Williams, ancien COO d’Apple pendant 27 ans, a été nommé au conseil d’administration de Disney en décembre 2025
- L’élection officielle se tiendra lors de l’assemblée générale des actionnaires de Disney en mars 2026
- Le conseil passera de 10 à 11 membres, une expansion rare qui souligne l’importance stratégique de cette nomination
- Williams était considéré comme un successeur potentiel de Tim Cook chez Apple
- Cette arrivée intervient alors que Disney prépare la succession de Bob Iger, dont le mandat expire fin 2026
Un départ orchestré, un retour inattendu
Quand Williams annonce son départ d’Apple en mai 2025, personne n’imaginait le revoir si vite dans un conseil d’administration majeur. Pourtant, Disney ne laisse rien au hasard. Le 9 décembre 2025, à peine un mois après la retraite officielle de Williams le 15 novembre, le géant du divertissement frappe un coup stratégique. James Gorman, président du conseil Disney, ne mâche pas ses mots : Williams incarne “l’intersection parfaite entre technologie, opérations mondiales et design produit”. Pas étonnant quand on sait que Williams a passé près de trois décennies à transformer Apple en machine de guerre industrielle.
L’homme n’est pas un inconnu du grand public Apple. Arrivé en 1998 comme responsable des achats mondiaux, il gravit méthodiquement les échelons. Vice-président des opérations en 2004, il participe au lancement du premier iPhone en 2007. Mais c’est véritablement avec l’Apple Watch qu’il marque les esprits : c’est son bébé, son projet phare, celui qui positionne Apple dans la santé connectée. ResearchKit, Apple Heart Study, toutes ces initiatives portent sa signature.
Pourquoi Disney mise tout sur Williams
Disney traverse une phase critique. Bob Iger, revenu aux commandes en 2022 après le départ chaotique de Bob Chapek, doit céder sa place d’ici fin 2026. La bataille de succession fait rage en coulisses, avec Josh D’Amaro (responsable des parcs et expériences Disney) en tête de liste. Mais le conseil sait qu’il lui faut bien plus qu’un simple remplaçant : il cherche une vision technologique capable de propulser Disney dans la prochaine décennie. Williams coche toutes les cases.
Apple et Disney, une histoire qui ne date pas d’hier
Cette nomination n’est pas un hasard du calendrier. Les liens entre les deux entreprises remontent à l’ère Steve Jobs. Quand Disney rachète Pixar en 2006, Jobs devient le plus grand actionnaire individuel de Disney. Bob Iger et Jobs développent alors une relation privilégiée, posant les bases d’une collaboration qui perdure. L’arrivée de Williams au conseil symbolise la continuité de cet héritage, mais aussi l’ambition de Disney d’absorber l’ADN opérationnel d’Apple.
Williams lui-même ne cache pas son admiration pour Disney. Dans son communiqué officiel, il évoque “cette capacité unique à marier imagination et innovation”. Un langage qui pourrait sembler convenu, mais qui traduit une vraie compréhension des enjeux. Car Disney doit réinventer son modèle : streaming sous pression, parcs à thème saturés, concurrence féroce avec Netflix, Amazon Prime Video et Apple TV+. Ironique, quand on sait que Williams bossait justement pour l’un de ces concurrents directs.
Ce que cela change vraiment
L’élection de Williams lors de l’assemblée générale du printemps 2026 (probablement fin mars ou début avril) agrandira le conseil à 11 membres. Ce n’est pas qu’une question de chiffres. Disney envoie un message : la tech n’est plus un département support, c’est le cœur de métier. Williams ne débarque pas pour faire joli dans les réunions trimestrielles. Son rôle sera d’orienter les décisions stratégiques sur l’innovation produit, la gestion des données, l’expansion numérique et l’optimisation opérationnelle.
Tim Cook, dans son hommage lors du départ de Williams, avait déclaré qu’Apple “ne serait pas ce qu’elle est” sans lui. Disney parie aujourd’hui sur le même effet transformateur. Reste à voir si la magie opère aussi bien à Burbank qu’à Cupertino. Une chose est certaine : Williams ne vient pas pour prendre sa retraite une seconde fois. Il vient pour bousculer.






